mardi 10 juin 2014

Cancer en Afrique : HumanRightsWatch dénonce l’abandon des patients à l'agonie



 L’histoire de la petite Bineta



Les premiers signes de la maladie sont apparus en mai 2011, lorsque Ndeye Bineta Ndeye, une fillette de huit ans originaire d’une petite ville de la région de Diourbel, auSénégal, a commencé à ressentir des douleurs à l’estomac.
Au bout de quelques jours, au lieu de s’améliorer, son états’est aggravé. Elle a perdu l’appétit, a maigri, elle est devenue fiévreuse puis a été prise de fréquents vomissements. La mère de Bineta a raconté à Human RightsWatch que sa fille avait, selon sa propre description, « unepetite boule » du côté droit de l’abdomen, tandis que sesdouleurs à l’estomac ne cessaient de s’intensifier.
Comme il est d’usage au Sénégal, les parents de Bineta l’ont tout d’abord amenée voir un guérisseur traditionnel qui l’a traitée avec des extraits de plantes, mais sans succès. Ils se sont alors tournés vers la médecine moderne, selon un parcours courant chez les populations rurales au Sénégal. Ils se sont tout d’abord rendus à un poste de soins local, tenu par une unique infirmière, qui n’a rien pu faired’autre qu’examiner le gonflement. Elle les a alors envoyés à l’hôpital régional de Diourbel, où une échographie a permis un diagnostic préliminaire de neuroblastome, l’une des formes les plus répandues de cancer chez l’enfant. Du fait que les enfants atteints de cancer ne peuvent être
traités qu’à Dakar, capitale du Sénégal, les parents de Bineta, des agriculteurs de subsistance ayant huit enfants, ont dû se procurer de l’argent afin de s’y rendre pour le diagnostic définitif et le traitement.




Au cours des deux mois pendant lesquels la famille deBineta a cherché un traitement dans la région de Diourbel, les douleurs abdominales sévères de leur fille sont demeurées sans traitement. À Dakar, dans le service de cancérologie pédiatrique de l’hôpital Dantec, Bineta a enfin reçu du sirop de morphine, un médicament puissant communément utilisé pour traiter les douleurs modérées à sévères liées au cancer. Sa mère nous a indiqué qu’après avoir pris le médicament, Bineta a réussi à s’asseoir et à dormir paisiblement pour la première fois depuis des mois.
Elle a même été capable de jouer.
À Dantec, Bineta a subi une chimiothérapie puis une opération chirurgicale. Bien qu’elle ait commencé une deuxième cure de chimiothérapie après l’opération, elle n’a pas pu la suivre jusqu’à la fin. Sa mère a expliqué à Human Rights Watch qu’elle n’avait plus les moyens d’assumer le coût du déplacement et du traitement médical, et qu’ils avaient dû rentrer dans leur région natale. Bineta a stoppé son traitement, mais ses douleurs ont continué.
Comme la mère de Bineta allait bientôt le découvrir, Dakar est la seule ville au Sénégal qui possède  de la morphine à des fins de santé publique.
Lorsque Human Rights Watch a interrogé la mère de Bineta, seul l’hôpital Dantec fournissait de la morphine sous forme orale pour lespatients en ambulatoire. Frustrée, celle-ci a déclaré : « Où que vous alliez pour chercher des médicaments, ils vous disent de retourner à Dantec ». Il est d’autant pluscompliqué d’obtenir de la morphine que le gouvernement a imposé une règlementation stricte par crainte d’usage abusif des opiacés. Selon la loi, les médecins ne peuvent prescrire qu’une semaine de traitement par morphine à lafois. Par conséquent, la famille de Bineta devrait faire le trajet de trois heures jusqu’à Dakar chaque semaine afin d’obtenir le médicament, ce qu’ils n’avaient pas les
moyens de faire.
Chez elle, Bineta a continué de souffrir de ses douleurs pendant trois mois. En décembre 2012, sa mère et elle ont refait le trajet jusqu’à l’hôpital Dantec, parce que les douleurs de Bineta, selon sa mère, étaient devenues «incroyablement intenses ». Lorsqu’elles sont arrivées à Dakar, toutefois, elles se sont trouvées face à une pénurie de morphine, un problème fréquent au Sénégal. Il n’y avait plus de morphine orale dans le pays, et les pharmaciens estimaient que le nouveau stock n’arriverait pas avant début 2013.
Du fait que Bineta n’a jamais pu finir sa chimiothérapie postopératoire, elle avait rechuté et se trouvait dans un état grave. Les médecins à Dantec ont alors programmé une deuxième intervention chirurgicale en mars 2013.
Cependant, la santé de la petite fille s’est rapidement détériorée.
Elle est décédée le 1ermars 2013, chez elle, sans aucune forme de soutien médical. Après des mois de douleurs intenses, qui n'ont jamais été soulagées, Bineta est morte dans des circonstances atroces.



 Extrait du rapport de Human Rights Watch : Abandonnés dans l’agonie, le cancer et la lutte pour le traitement de la douleur au Sénégal, publié le 24 octobre 2013




Signez cette pétition et contribuez à soulager la vie d'enfants et d'adultes souffrant du cancer dans l'indifférence totale:

Le Cancer, tueur n°1



La malnutrition, le sida, le paludisme et certaines épidémies qu’on aurait crues d’un autre âge font souvent la une des médias quand il s’agit de la santé en Afrique. Elles suscitent le même intérêt pour les autorités et acteurs médicaux qui se battent à grands renforts de campagnes de sensibilisation, de soins préventifs et spécialisés afin de freiner leur progression à défaut de les enrayer.


Or, il existe une autre pathologie qui tue plus que tous les maux cités sans pour autant bénéficier du même traitement dans la lutte contre son expansion : le cancer.Le cancer cette maladie taboue au diagnostic souvent tardif continue tranquillement sa progression mortelle en Afrique.C’est une maladie que l’on couve loin du regard de l’autre, que l’on laisse dans l’ombre, que l’on nie, qu’on ne qualifie pas. Une maladie dont on a honte, une maladie auquel on appose de la sorcellerie. Et parce que c’est une maladie que l'individu peut cacher (ses symptômes n’étant pas tout de suite visible) ou ignorer pour les mêmes raisons, le cancer demeure un fléau muet.


Dans les pays en voie de développement qui restent encore largement touchés par l’analphabétisme, nombreux sont ceux qui pâtissent du manque d’informations vis-à-vis de cette pathologie et des soins sanitaires. Pour peu qu’il soit mis à leur disposition des plans de dépistages, des diagnostics, des mesures de prévention et des traitements efficaces.

La  lutte contre le cancer et notamment l'accessibilité des soins palliatifs (antidouleurs) affiche de lourds retards ainsi que le démontre l'histoire tragique de la petite Bineta et celle de bien d'autres anonymes confrontés au Sénégal mais aussi un peu partout en Afrique subsaharienne à l'inertie des états et pouvoirs publiques habilités à améliorer leurs conditions.


Abandons des patients : manque de moyens ou négligence ?
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Cliquez sur le lien suivant pour signer la Pétition pour la prise en charge des malades du cancer


De fait, les infrastructures sanitaires montrent de graves défaillances dans de nombreux pays africains.Hôpitaux, dispensaires, centre de santé, cabinets médicaux et pharmacies dressent un tableau critique de graves lacunes et manquements tant dans l’accessibilité aux soins que dans la qualité du personnel, sans oublier le sous-équipement et le manque d’hygiène. L’état de santé de ses populations en pâtit même concernant les soins les plus basiques.Si on considère que le taux de mortalité infantile et l’espérance de vie témoignent de la qualité et de l’évolution des systèmes de santé des pays développés, l’Afrique est loin derrière.
En France par exemple, les bons chiffres de ces deux indicateurs sont le résultat de l’efficacité des hôpitaux et services, de la proximité des établissements sanitaires, de la qualité des médicaments, de l’excellente formation des médecins, infirmiers, sages-femmes et pharmaciens de même que du nombre suffisant de médecins par-rapport à la population.


A titre comparatif, il y a au Burkina Faso 120 fois moins de médecins (tous domaines confondus) qu’en France et selon Jeune Afrique la Côte d’ivoire ne comptait que 4 cancérologues pour ses 21 millions d’habitants en 2011.Face au manque de coordination et de moyens, l’Afrique privilégie la lutte prioritaire contre le sida, le paludisme et la tuberculose au détriment du cancer.Et pour cause, c’est une maladie complexe qui revêt diverses formes et nécessitent une prise en charge spécifique impliquant en sus des traitements spécialisés onéreux, pléthore de soins palliatifs (antidouleurs), un suivi psychologique (patients et parents) ainsi qu’une approche éthique. En outre, le traitement peut s’étendre sur des mois ou des années sans parler du risque accru de contracter un autre cancer même en cas de prise en charge.Les états se braquent ainsi devant les maladies non transmissibles et chroniques comme le cancer, le diabète et les maladies cardiovasculaires qui leur coûtent chères. Les personnes atteintes, enfants et adultes sont chaque année laissées à elles-mêmes alors que leur état nécessite un suivi et des soins médicaux spécifiques s’étendant sur de longues périodes.La chimiothérapie, la radiothérapie et la chirurgie sont les principaux recours en cas de diagnostic. Cependant, les patients arrivent souvent à un stade critique et n’ont pas les moyens de bénéficier de ces modalités de traitements qui sont par ailleurs inaccessibles et rares.


Comment  soigner les patients quand les structures de santé sont sous-équipées ?



L’ablation de l’organe malade est récurrente. C’est un moyen de limiter la progression des cellules cancéreuses et de soulager le patient. Le traitement est de ce fait non curatif mais permet de mieux vivre.Car faut-il le rappeler, la majorité des personnes atteintes du cancer éprouvent des douleurs sévères, aigues, de courte durée ou qui peuvent être persistante. Ces douleurs qui varient en intensité sont ciblées ou diffuses selon le stade de la maladie, les traitements reçus et le type de cancer. En Occident, la douleur est évaluée et les soins antidouleurs dits soins palliatifs sont en permanence adaptés aux besoins du patient. En Afrique, les personnes malades sont obligées de cohabiter avec leur propre douleur.Si on prend le cas du Sénégal, l’état des lieux est alarmant.Selon Human right watch qui lutte pour le respect des droits humains à travers le monde, le cancer est « responsable de 30% de l’ensemble des décès et tue à lui seul davantage de Sénégalais que la malaria,la tuberculose et le VIH/SIDA réunis ». De plus, l’organisation rappelle dans un rapport dénonçant l’abandon des patients agonisants par l’état "la prévalence des maladies non transmissibles au Sénégal, comme en Afrique dans son ensemble, devrait augmenter significativement dans les décennies à venir,en raison des changements de mode de vie et du vieillissement de la population."



 Selon santécheznous.com, la douleur cancéreuse modifie la qualité de vie de quatre façons principales :·       


  •  physiquement (les personnes se sentent faibles);
  •  psychologiquement (les personnes se sentent incapables de s'adapter);
  •  socialement (les relations interpersonnelles sont affectées);
  •  spirituellement (la souffrance peut amener la personne à douter de ses croyances).


Il est du ressort des états de réformer le système de gestion des infrastructures sanitaires et notamment la prise en charge sans discrimination aucune de toutes les pathologies avec la mise à disposition des soins palliatifs.



 Afin d’éviter à des enfants et à toute personne en souffrance le sort de la petite Bineta, l’Afrikraneuse se joint à la pétition lancée par l’association EPSYLON www.epsylon-assos.com dont le crédo est de  favoriser la prise d’initiative chez les jeunes à des fins humanitaires entre autre.
Cette pétition s’adresse au Président de la république du Sénégal Macky Sall pour que l’état sénégalais rende disponible les médicaments essentiels pour soulager la douleur atroce et inutile des personnes atteintes du cancer.


Lien de pétition ci-dessous:


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