mercredi 9 décembre 2015

Education sexuelle à travers le monde: les pratiques taboues, extrêmes ou insolites


Chaque société, chaque culture, chaque peuple, a ses propres spécificités, ses repères, sa manière d’appréhender le monde et de séparer le concevable de l’inacceptable. Ce qui est normal pour un groupe peut être rejeté pour un autre. De fait, les pratiques et rites, relevant d’un héritage traditionnel reçu des ascendants ou ancêtres, sont perpétrés et transmis de générations en générations sans que les individus qui les mettent en œuvre ne remettent en cause leur bien-fondé, leur nécessité, leur dangerosité ou leur moralité. Ces actes étant assimilés, sacralisés, protégés, répétés et ancrés dans l’inconscient collectif.

La question de l’éducation sexuelle des enfants et des adolescents est un sujet sensible et délicat tant s’érige l'idée de l’innocence enfantine dont les parents ont du mal à se départir mais aussi parce que le spectre des abus de mineurs est prégnant dans les sociétés et dans les médias. En conséquence, ce sont généralement les structures éducatives et scolaires qui prennent en charge cette problématique avec des classes sur le sujet abordé sur un ton sécuritaire, préventif sinon répressif. Il faut également souligner que l’influence religieuse pousse certaine société à exclure l’idée même d’une sexualité étudiée ou approuvée quand elle est hors mariage. Dans ce cas, l’éducation sexuelle s’incline vers l’idée de l’abstinence.

Pourtant cette vision des choses ne s’applique pas à toutes les cultures. Certains peuples fournissent un enseignement traditionnel tout aussi théorique que pratique de l’acte sexuel aux enfants en premier lieu desquels se trouvent les filles. Les mineures se retrouvent alors dans des camps forcé d’apprentissage sexuel chez les uns où se voient offrir des huttes d’amour chez les autres quand elles ne sont pas mariées de force à des adultes. Dans ce tableau,  ceux qui brandissent le drapeau de l'éthique traditionnelle font face aux défenseurs des droits de l'enfant fustigeant un comportement pédophile.

Si les conventions internationales relatives aux droits de l’homme, mais aussi l’éducation, les politiques, la religion pour ne citer que ceux-ci, tendent à contrôler, réguler sinon éradiquer les pratiques affectant la santé, la sécurité ou l’intégrité physique des personnes, nous verrons que des groupes sociaux contreviennent au discours juridique et affichent une résistance dû à leur attachement aux traditions perçues comme porteuses de valeur ou de signification. La notion de moral a ici bien du mal à traverser les frontières puisqu'on est dans le relativisme culturel.

 Faisons une immersion dans quelques pratiques d’éducation à la sexualité pouvant interpeller à biens des égards dans un monde aux discours de plus en plus homogènes et universels régi par un droit international aux idéaux iréniques.

Camps d’initiation au sexe pour fillettes en Afrique australe: dis-moi comment tu excelles au lit, je te dirai quelle future épouse tu seras !


Au Mozambique, en Zambie et au Malawi, de jeunes filles mineures de 8 à 13 ans en moyenne sont envoyées dans des camps forcé d’apprentissage et de pratique sexuelle destinés à les préparer à leurs futures vies de mariées. On leur y enseigne littéralement « comment être bonnes au lit ».

Pour être éligible, il faut que la fillette ait eu ses premières règles. Les jeunes filles sont ainsi confrontées à une violence extrême tout aussi physique que psychologique. En effet, outre l’objet même du camp, certaines méthodes qui y sont employées outrepassent la barbarie. Les organismes de défense des droits de l’enfant à l’image de l’agence d’aide internationale Vision mondiale dénoncent quelques cas de maltraitances  avec par exemple l’usage avérée dans des situations extrêmes de bâtons insérés dans les parties intimes des fillettes.

Selon Persilia Muianga membre de Vision mondiale interviewée par le Dailymail, si les fillettes échouent en étant jugées mauvaises au lit, en ne sachant pas appliquer les moyens enseignés pour donner du plaisir à un futur mari, c’est par une mutilation que les femmes responsables de leur apprentissage les sanctionnent. Car oui, ce sont bien des femmes pour la plupart d’âge mûr qui leur apprennent à avoir des rapports sexuels en les malmenant parfois. Un détail intéressant puisque dans le cas du repassage des seins et de l’excision évoqués dans Excision, infibulation, repassage des seins: l'interdiction d'être femme, les bourreaux sont toujours des femmes et les mandataires des hommes.
Cette pratique perdure dans certains milieux ruraux car les hommes ne veulent majoritairement épouser que des filles qui ont été brillamment initiées d’après les propos du prête Jacskon Jones Katete directeur du Programme de l'Église anglicane enfants de la rue en Zambie dans l’enquête du Dailymail.
Cette pratique taboue et donc peu connue du camp forcé de sexe a été révélée au public lors de la conférence internationale sur l'élimination du mariage des enfants, tenue à Casablanca au Maroc en mai 2015.
Selon Muianga - experte en protection de l'enfance – certaines mères dans les communautés vont même jusqu’à forcer leurs très jeunes filles à coucher avec un homme avant qu’elles aient eu leurs règles dans l’espoir de les « déclencher » plus tôt.
Après avoir subi ces tortures car on ne peut les qualifier autrement, les filles sortent du camp avec la mention « mariable ou non » selon les performances de chacune. S’en suit  la valse des potentiels prétendants destinés aux bonnes élèves avec toutes les tractations précédant les épousailles : dotes en nature ou en bétail. Ceci pour le plus grand plaisir des familles pauvres, dont les fillettes demeurent un moyen de subsistance. Ce qui concoure aussi à maintenir l’existence de ces camps d’initiation au sexe.

De nombreuses jeunes filles sont exposées aux multiples risques des grossesses précoces. Vision world évoque le problème des blessures à l’accouchement telles que les fistules causées par un travail prolongé. A rappeler que les fistules rendent les femmes incontinentes et provoquent une gêne sociale dû à l’odeur corporelle des personnes touchées qui sont souvent désœuvrées. Viennent l’exclusion et la marginalisation des dites personnes. 

"Les hommes qui prennent la virginité des jeunes filles sont appelées "hyènes".


La jeune Mwase raconte son expérience
 dans un camp d'initiation au sexe
Mwase une jeune malawienne de 14ans a livré un témoignage poignant et éloquent de son expérience traumatisante à l’âge de 10 ans dans un camp de sexe à la chaîne CNN. C’est avec une douzaine de jeunes filles qu’elle fut menée dans des cabanes isolées en dehors de son village pendant les vacances scolaire. Elles étaient guidées par les femmes âgées de leur village dans le district de Chiradzulu, près de la frontière avec le Mozambique. Les femmes, connues sous le nom anamkungwi, des sortes de leader ou gardienne, leur ont déclarés que lorsqu’elles retourneraient dans leurs villages, elles devraient agir en femme : cuisiner, nettoyer et avoir des relations sexuelles. Mwa affirme que les deux semaines passées au camp d'initiation ont été entièrement consacrées à l’apprentissage d’actes sexuels. D’abord emballée à l’idée de se retrouver loin du domicile familiale entourées de ses pairs, la fillette a vite désenchanté lorsqu’elle découvrit la vraie nature de l’initiation. "Elles nous ont uniquement appris la façon dont on devait s’occuper d’un homme," dit-elle, en regardant ses mains. "Et, on nous a dit qu’on devait  danser pour l'homme. L'homme doit être au-dessus de vous et vous devez vous mettre à danser en dessous pour lui, pour le rendre heureux ", a-t-elle expliqué innocemment aux reporters.

Durant ce camp, l’anamkungwi ordonne aux initiées de s’allonger sur leurs camarades et d’essayer de provoquer un plaisir avec les différentes positions qui leur sont décrites. Les filles sont ensuite encouragées à tout de suite mettre en pratique leur enseignement dans leurs vies futures. L’intimidation est également employée pour mieux les cadrer. Les initiées s’entendent dire que si elles se refusent aux leçons sexuelles lors du camp, leur peau deviendra sèche et repoussante à vie, et qu’elles seront rejetées de tous. Qu’elles ont l’obligation de pratiquer la coutume accomplie par leurs mères et grands-mères avant elles. La jeune Mwase précise que l’anamkungwi lui a dit qu’elle était maintenant une femme et qu’en sortant, elle de même que ses camarades devraient coucher avec un homme afin de se purifier de leur l'enfance. Et que cette purification sexuelle validant l’initiation devait se faire sans préservatif, avec un homme âgé.
Au mépris de sa tradition, Mwase a refusé de le faire, craignant les risques de rapports sexuels non protégés. Etant l’aînée des filles de sa famille, Mwase a été élevée par sa grand-mère comme le veut la tradition. Cette dernière l'a envoyé au camp sans jamais la forcer à avoir des relations sexuelles à sa sortie car Mwase lui a caché sa décision de ne pas en avoir. Si sa grand-mère venait à l’apprendre, elle aurait payé un homme pour « prendre la virginité » de sa petite fille. En effet, dans certains villages du Malawi, les jeunes hommes recrutés pour cette tâche sont appelés «hyènes», et ils ont des relations sexuelles avec de nombreuses jeunes initiées parfois dans un même village et sans protection.

Selon Harriet Chanza de l’organisation mondiale de la santé, l'initiation sexuelle est une pratique vieille de plusieurs siècles dans la sous-région :«Il n'y a rien de tel que l'adolescence. Vous êtes un enfant ou un adulte. L’Initiation vise à établir les normes de genre que les garçons et les filles sont censés suivre. L'importance accordée à l’apprentissage des  rapports sexuels est aussi justifié par des raisons d’ordre économique dans un pays où près des trois quarts de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Certains parents espèrent que leurs filles tombent enceinte tôt, car les mariages suivent souvent les grossesses et permettent aux familles d’avoir moins de charges. »

Thera Rasing, un anthropologue ayant étudié la question propose une autre approche. Selon lui, il n’y a pas que du négatif. Il affirme que le secret entourant ces rituels a été entretenu au cours de l'ère coloniale et est resté ainsi pour empêcher les missionnaires puis les églises de "tenter de contrôler et de christianiser ces rites." Malgré leur aspect dérangeant Rasing déclare que les initiations mettent en exergue l'honneur de ces femmes: "Leur réussite sociale dépendent de leur capacité à être une bonne femme. C'est un facteur social qui leur permet de générer du changement, de gagner le respect leur communauté, d'obtenir plus d'autonomie et de pouvoir. Ce sont ces choses qu’une jeune fille apprend lors de son initiation et c'est qu’on lui souffle durant sa cérémonie de mariage. »

Malgré cette dimension sociale honorifique, de nombreuses dérives sont à noter. La plupart des jeunes filles ignorent largement les risques des rapports non protégés dans un pays où un dixième de la population est séropositive sans parler des grossesses précoces déjà évoquées. La Commission Malawi des droits de l'homme souligne ainsi que les initiations empiètent sur les droits des filles à l'éducation, la santé, la liberté et la dignité. La Commission précise en outre que la danse enseignée et évoquée par la jeune Mwase connue sous le nom de Chisamba  est " un moyen de les préparer à leur rôle qui est de satisfaire leurs maris dans le lit," et qu'en prime, elles effectuent cette danse à la fin de leur initiation "seins nus d'une manière très explicite devant l'ensemble de leur communauté."
 A préciser que les rites d'initiation varient largement d'un village à l'autre, et que dans certaines communautés d’Afrique Australe, on conseille aux filles de ne pas avoir de rapports sexuels hors mariage, de même que certaines "éducatrices" s'en tiennent à la théorie. Cependant, il n'y a pas de réel contrôle de ces pratiques puisqu'elles sont taboues et secrètes.

En dépit de l’illégalité du mariage forcé au Mozambique et en Zambie, près de la moitié des filles au Mozambique et plus de 40% en Zambie sont mariées avant d'avoir 18 ans selon vison mondiale qui se bat contre ces pratiques néfastes aux côtés des églises communautaires ayant une autorité coercitive pouvant sensibiliser les populations.
L'organisation développe également une initiative similaire pour les communautés musulmanes.
L’organisation de conclure que le meilleur moyen de lutter contre le mariage précoce et les camps de sexe est d’inscrire et de maintenir les filles à l'école. Ce dont  la plupart des communautés rurales ne disposent pas à proximité.

Les huttes d’amour à l’abri des regards pour (pré)adolescentes au Cambodge



La tribu Kreung du Cambodge a une vision de l’éducation sexuelle plutôt débridée et pour le moins atypique. C’est un peuple qui vit de la riziculture dans une région forestière sans électricité ni eau courante. Les adolescentes y ont autant d’indépendance que les garçons. Tandis que la sexualité est un sujet tabou pour bien des pays d’Asie, les jeunes filles Kreung jouissent d’une émancipation sexuelle propre à leur éducation.

Quand les jeunes filles atteignent la puberté autour de 13,15 ans leurs pères leur construisent une hutte en bambou loin de la maison familiale, afin qu'elles puissent tranquillement recevoir des garçons avec qui elles ont  des expériences en privé. Le peuple Kreung inculque l’idée que le sexe avant le mariage est acceptable, un moyen pour les filles de multiplier les aventures afin de trouver l’âme sœur. Les filles mènent la danse. Elles choisissent un partenaire de leur âge et l’invitent dans leur hutte d'amour pour passer à l’acte ou tout simplement faire connaissance. Les garçons ont un comportement, selon les témoignages des habitants, respectueux et galant par éducation et pour éviter toute répercussion négative sur leur famille.

Dans la plupart des reportages sur le sujet, les jeunes filles ont toutes le même discours : elles clament leur indépendance et leur pouvoir sexuel, ainsi que l'approbation et la confiance de leurs parents dans leur prise de décision. Les huttes d'amour leur permettrait de bien choisir un futur époux. Le divorce n’existerait pas dans leur culture, de même que le culte de la « fille façile»  des sociétés dites modernes. Les filles peuvent avoir plusieurs petits amis à la fois dans leur hutte et sans conséquence si un  garçon  est choisi plutôt qu'un autre. La violence sexuelle est rare. Le viol inexistant.
Il y a pourtant le problème des grossesses non désirées, mais habituellement le prétendant choisi finit par accepter d'élever l'enfant.  Dans un reportage du magazine Marie Claire, un père concerné affirme : "La pureté féminine est le cadet de nos soucis. Qui sait ce que fait une fille quand elle va dans un autre village de toute façon."

Aujourd'hui, les cabanes d'amour traditionnelles disparaissent au profit de maisons modernes familiales en brique. De plus, la minorité Kreung  de moins en moins isolée du reste du pays est confrontée à la domination de la culture khmère pour qui l’idée du sexe avant le mariage est inacceptable. De nombreux parents qui autrefois se justifiaient en disant encourager le respect de soi, du partenaire, la responsabilité, l'autonomie sexuelle et l'importance de l'amour à leurs filles et fils afin qu'ils puissent explorer leurs pulsions adolescentes sans culpabilité, se sentent lésés et dépossédées de leur tradition. Celle-ci n'étant pas en adéquation avec les valeurs dominantes de leur pays. Leurs pratiques sont vouées à la disparition face à l'hostilité du pouvoir enclin à jugement moral annihilant toutes frontières culturelles.

Une éducation scolaire sexuelle dans les pays musulmans ? 
Pour les oulémas c’est NIET

En dehors de ces pratiques, reste la théorie qui peut aussi poser problème dans les pays où la religion guide ou tout du moins est censée guider la vie de ses habitants. C’est le cas au Maroc et dans de nombreux pays musulmans où le sujet de la sexualité est taboue. Une éducation sexuelle dans les écoles, d’un point de vue religieux, serait pour le moins controversée. D’après les propos d’un alîm (théologien de l’Islam) recueilli par l’économiste : «Cela conduirait les jeunes à vouloir assouvir leurs envies et désirs sexuels et, donc, à commettre des péchés. Ce qui est permis par la charia est de montrer, par exemple, à la fille qui s’apprête à se marier comment aborder la nuit de noces, une mission qui est censée être accomplie par la mère». Selon le théologien, l’éducation sexuelle scolaire même avec la prévention des grossesses et des maladies, encourageraient des relations sexuelles hors mariage. «C’est comme si nous leur disions: faites ce que vous voulez, mais prenez juste les précautions nécessaires en recourant aux moyens de contraception ! ». Pour illustrer ses propos l’alîm cite toujours dans l’économiste le hadith suivant : «Ô vous les jeunes! Celui d’entre vous qui peut se marier qu’il le fasse… et celui qui ne peut pas, qu’il jeûne, ce sera pour lui une protection ».
Une manifestation organisée à Rabat, en solidarité avec les adolescents poursuivis à Nador pour la photographie d'un baiser postée sur Facebook, en octobre 2013 est interrompue par des contre-manifestants. Sur cette image, les quelques couples ayant prévu de s'embrasser devant le Parlement ont été rapidement dispersés. S'embrasser en public est interdit au Maroc.
 Chaque année, on dénombre au royaume du Maroc des milliers de grossesses non désirées chez des filles à peine sorties de l’enfance. En 2010, selon une étude, le nombre de grossesse était de plus de 8700. Le Maroc serait ainsi confronté a des failles en matière d’éducation reproductive et sexuelle. Souvent, les jeunes mères finissent esseulées et reniées par leur famille, se retrouvant sans ressources.

Le tabou de la sexualité est tellement fort que dans certains cas, les parents qui soutiennent leur fille enceinte préfère parler  de « viol » plutôt que d’acte sexuel consenti pour sauver leur honneur. Certains vont jusqu’à demander au « violeur » d’épouser leur fille. Il ne s’agit pas ici de provoquer un amalgame car tous les viols dénoncés ne sont basés sur des mensonges, et nombre de filles obligées d’épouser leurs bourreaux sont réellement des victimes (des cas dénoncés et combattus par les défenseurs des droits de l’homme) mais dans bien des situations, c’est la famille éhontée qui orchestre toute une histoire afin d’éviter le malheur d’être couvert d’opprobre et souvent après concertation des deux parties. Des témoignages variés le confirment. 
Selon une association basée à Casablanca : l’ampleur des grossesses non désirées et l’âge de ces jeunes femmes montrent le manque d’informations sur la santé reproductive et sexuelle, d’autant qu’il s’agit majoritairement d’une population n’ayant pas fréquenté l’école ou à faible niveau d’études, ouvrières et domestiques (y compris mineures), présentant des signes flagrants de précarité ».
Chez les américains, c’est l’abstinence ou (presque) rien ! Pour preuve, les catholiques prônent le port d'une bague de virginité.


Arborer une bague de virginité ou anneau de pureté au pays d'Obama, c’est officialiser aux yeux du monde votre volonté de rester chaste jusqu’au mariage. Et aux Etats-unis c’est durant un bal de pureté que père et fille signent un accord où le père s’engage devant Dieu, à être le garant de la virginité de son enfant. La fille devra précieusement conserver son anneau jusqu’au jour de son mariage. Le contrat exige que les adolescentes en général âgée de  12 à 15 ans s’abstiennent de tout acte affectif avec un potentiel petit ami. Une métaphore est mise en relief : celle de la fille qui offre symboliquement sa virginité à son père jusqu’au mariage, de quoi allécher Freud.
 Ce genre de cérémonie est désormais légion et va au-delà de la communauté catholique évangélique qui l'a initiée. En effet, les célébrités ont contribué à popularisée cette pratique et à lancer la "mode" des  anneaux de pureté. On peut citer, la chanteuse et actrice Jessica Simpson qui l’a porté dès ses 12 ans jusqu'à son premier mariage en 2002,  la chanteuse et actrice Selena Gomez à 16 ans, la chanteuse et comédienne Miley Cirus au même âge (les deux l’ont depuis égaré en route...), Jordin Sparks depuis ses 13 ans ou encore les Jonas brothers les plus fervents défenseurs de cette pratique qui ont longtemps clamé haut et fort leur virginité.

 L’Etat fédéral joue également un rôle prépondérant dans la sensibilisation sur l'abstinence avec une campagne nommée «  abstinence only ». Une culture de l’abstinence bien installée et reprise par l’école publique depuis plus d'une vingtaine d’année notamment par le républicain George Bush. D'après le journal Le Monde, sous sa casquette de gouverneur du texas, il avait déjà dépensé autour de 10 millions de dollars en 1995 dans ce programme d’éducation sexuelle « abstinence-only ». Le programme apprend aux jeunes américains que la meilleure manière de se protéger des dangers du sexe, MST et grossesses non désirées est de rester vierge "le plus longtemps possible à défaut de pouvoir attendre jusqu’au mariage". Et cet apprentissage exclut toute information sur la contraception. Car contraception inclut l'idée de rapport sexuel (Cela rejoint les propos du théologien musulman à ce propos). A ce jour, de nombreux républicains et américains s’opposent farouchement à « toute éducation sexuelle  autre que l’abstinence jusqu’au mariage ».

La tradition, la culture et la religion participent des constructions sociales notamment de la sexualité surtout lorsqu'elles impliquent les enfants et adolescents.Qu'on soit dans l'abstinence, le mariage forcé ou les rites sexuels, il persiste toujours une volonté à donner raison à son héritage socio-culturel et religieux. Et les points de vu sont relatifs d'un peuple à l'autre en dépit de l'existence du discours juridique et du droit international se voulant arbitre et juge. 
Une chose est sûre, à l'heure d'Internet, des nouvelles technologies et de l'accessibilité des films pornographiques, l'appréhension de la sexualité d'un point de vu éducationnel est dévoyée et altérée.
Chez les wolofs au Sénégal c'est la badjene (tante) qui est traditionnellement chargée de donner une leçon de séduction et de sexualité  durant la nuit de noce avant l'arrivée de l'époux. Le lendemain, le pagne blanc attestant  et portant la preuve de la virginité de la mariée est exposé aux yeux de la famille.

Plus de 37 000 signatures ont été récoltées par SOS Education, une association indépendante et apolitique de parents d'élèves et professeurs, contre l'exposition sur la sexualité destinée aux 9-14 ans intitulée "Zizi sexuel l'expo" tirée de la BD "Titeuf" en France.

Chez les trobrianders de Papouasie Nouvelle Guinée, les filles ont 
leur premier rapport à 6, 8 ans et les garçons autour de 10, 12 ans avec l'aval des
adultes.
Au Pakistan, les fillettes des campagnes sont mariées de force en règlement d'une dette ou d'un conflit, cette tradition s'appelle le mariage Vani.
Le mariage forcé et arrangé d'une petite fille indienne, une pratique récurrente.
Chez les halpulaar (peulhs) les jeunes filles sont, le plus souvent en milieu rural, mariées   très tôt. Les grossesses précoces accroissent les risques pour la mère comme pour l'enfant.
De très rares cours d'éducation amoureuse et sexuelle sont dispensés
 en Chine car le sujet y est tabou.








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