lundi 9 janvier 2012

Lumière sur les actrices noires: persona non grata?

Une quête de visibilité...
Kerry Whashinton, Janet Jackson et Kimberly Elise dans For colored girls.
A l'instar des mannequins noirs dans la mode internationale, le cinéma hollywoodien, et plus généralement occidental, ne sait pas trop quoi faire de ses actrices noires qui sont considérées pour la plupart comme n'étant pas assez bankable pour parler en terme technico-commercial. La blonde est érigée en Reine indétrônable d'Hollywood, la latina souffle le chaud dans les studios, l'asiatique parvient à trouver sa place, mais la femme noire est aux abonnés absents quand elle ne joue pas les bouche-trous.
L'actrice confirmée Alfre Woodard et l'actrice à
suivre Nicole Beharie dans American violet.
Entre discrimination en tout genre, mépris et marketing (marché des spectateurs, des professionnels, des salles etc), comment trouver des rôles dans une industrie aux diktats sévères? Le cinéma est porteur d'images sociales. Il participe à formater les mentalités, mais il se plie d'abord et avant tout aux exigences de rentabilité. Dans ce contexte, peu d'actrices noires ont pu sortir de l'ombre. Encore faudrait-il qu'on leur en donne l'opportunité. 
Will Smith déclarait lui même pendant la promotion du film HITCH ne pas comprendre pourquoi les studios préféraient le mettre en face d'une partenaire latina ou italienne plutôt qu'une afro-américaine, et s’interrogeait sur cette appréhension qu'ils avaient de laisser un couple noir portait un film. D'autant que dans la suite de Bad Boys 2 avec le même Will Smith, Gabrielle Union est la vedette féminine du film au casting presque intégralement afro-américain, et au succès phénoménal en salle. Comment donc expliquer cette lourde mise à l'écart?


Pourquoi, les actrices noires font-elles donc si peur?


En outre, il suffit de demander à quiconque de citer un acteur noir, ou un film avec un homme noir en tête d'affiche et la tâche sera exécutée sans mal. Quand il s'agit des actrices noires, c'est une tout autre affaire. En effet, la liste des acteurs noirs est longue et n'a de cesse de s'enrichir. Ceci principalement à Hollywood qui met volontiers les acteurs afro-américains en tête d'affiche et ceci depuis les années 70 avec un public international qui semble acquis à leur cause. Ainsi serait-il impossible d'évoquer ces acteurs sans faire un grand détour par le cinéma américain, l'un des rares qui les a mis en lumière mais seulement après que ceux-ci se soient battus pour que la lumière daigne se poser sur eux.
 Les plus célèbres restent Sydney Poitier et Harry Delafonte qui ont ouvert la voie à toute une génération d'acteurs aussi prestigieux les uns que les autres: Denzell Washington, Eddy Murphy, Will Smith, Samuel L Jackson, Morgan Freeman, Jamie Foxx, Forest Whitaker, Martin Lawrence, Chris Rock, Chris Tucker, Wesley Snipes, Danny Glover, Don Cheadle, Laurence Fishburne, James Earl Jones, Steve Harvey pour ne citer qu'eux parmi les plus prisés; et ceux qui montent ou qui arrivent à se faire une place au soleil Anthony Mackie, Idris Elba, Taye Diggs, Morris Chestnut,Terrence Howard, Mekhi Phifer, Blair Underwood, Djimon Hounsou, Shemar Moore etc.


Les braqueuses du Prix à payer (Set it off): Queen
Latifah, Kimberly Elise,
Viviva Fox et Jada Pinkett Smith
Entreprendre le même exercice pour les actrices noires semblent plus laborieux. Les nostalgiques citeront la populaire Whoopy Goldberg qui, après une fulgurante carrière dans la comédie, a déserté le grand écran. Ou Halle Berry, d'abord connue pour sa plastique irréprochable ensuite pour avoir été la première femme noire à remporter l'oscar de la meilleure actrice. Les plus aguerris parleront de Kerry Washington, Gabrielle Union et Nia Long qui enchaînent avec brio les seconds rôles ou encore de Pam Grier, icône de la blaxploitation voire même d'Angela Basset qui a une carrière en dents-de-cie comme beaucoup d'actrices noires.
Pour autant, elles sont aussi nombreuses que leurs confrères dans les coulisses d'Hollywood mais hélas moins sollicitées, moins médiatisées.
Il faut dire qu'en général, les actrices quelque soit leur couleur ont beaucoup plus de mal à trouver de bons rôles étant souvent utilisées comme faire-valoir des personnages masculins ou devant s'incliner face aux clichés cinématographiques imputés à leur sexe. Que dire des femmes noires qui, elles, sont doublement discriminées?


Qui sont ces actrices qui gagneraient à être connues à défaut d'être reconnues pour leur talent? Mis à part Hollywood, le cinéma européen compte t-il des actrices d'origine africaine ou antillaise? Qu'en est t-il de l'Afrique?


Racisme et ségrégation raciale: Dorothy Dandridge et Hattie Mcdaniel seules contre tous.
Bamboolzed de Spike Lee
Les 'précurseures' noires du cinéma américain ont dû composer avec une époque gangrenée par un racisme affiché et assumé, traduit par des lois ségrégationnistes. C'est ainsi que les descendants d'esclaves ont évolué dans une société en pleine mutation les rejetant et leur niant toute citoyenneté voire toute humanité. L'art et la culture furent dans ce contexte d'excellents instruments dans la lutte identitaire. Si les afro-américains ont pu exister à travers la musique et les écrits en inventant et ré-inventant dans une logique artistique et militante des styles, genres et mouvements ou encore briller dans le sport, le cinéma contrôlé par les blancs fut plus frileux à l'idée d'une exposition des noirs sur les écrans. Du moins, pas pour les rôles les plus flatteurs. Car le cinéma a une capacité fédératrice et embellissante, il n'était donc pas question de valoriser les noirs.


Les acteurs noirs se sont donc illustrés au départ, lorsqu'ils en avaient l'occasion, dans des rôles remplis de clichés: du serveur au violeur en passant par l'ignoble ignorant au sourire bête et béat, la bête de danse, l'esclave, le méchant, le serviable serveur, la nourrice naive. Et ceci quand les acteurs blancs ne se grimaient pas le visage de peinture noire pour mieux jouer le rôle du nègre et le ridiculiser, à l'instar du fameux numéro du Jump Jim Crow d'un acteur américain qui lança cette "mode" dès les années 1830.


Dorothy Dandrige, la Marilyn Monroe noire.


ci-dessous Harry Belafonte et Dorothy Dandrige dans Carmen Jones.




La première actrice afro-américaine à avoir eu un semblant de considération de la part de ses pairs dans une Amérique encline à la ségrégation est la sublime Dorothy Dandrige souvent décrite comme la Marilyn Monroe noire. Une marilyn noire? Tout est dit. Marilyn pour sa sensualité débordante et faussement candide, sa beauté envoûtante, son extrême féminité, son incandescence. Noire, pour son plus grand malheur dans une Amérique qui se voulait blanche comme neige. Mais Dorothy Dandridge n'avait guère besoin de cette comparaison bien qu'élogieuse pour justifier sa place à Hollywood .
Née en 1922, elle débute sa carrière à l'époque où chant et comédie formaient un couple inséparable en formant un trio appelé les Dandrige sisters aux cotés de sa soeur Vivian et de la chanteuse Ella Jones dans les années 30. Elles se font vite remarquer par les studios de cinéma qui les font apparaître ça et là dans des comédies musicales. Dorothy Dandrige se démarque et dès 1940 joue dans « Four Shall Die » , un film au casting exclusivement afro-américain et aux décors haïtiens. C'est qu'elle a quelque chose, la déesse, mais quelque chose en trop: sa couleur! Partant, elle va vite se résoudre en tant qu'actrice à jouer le rôle réservé aux femmes noires, celui de la servante niaise, dans « Sous le ciel de Polynésie »  puis dans « Lady From Louisiana ». Si elle fut, à ce stade de son parcours, de plus en plus sollicitée, ce fut uniquement pour des rôles à caractère ya bon banania, chaleureusement exotique, lourdement indigène ou pour des prestations fortement musicales et dansantes. Résultat, la déprime pointe le bout de son nez car Dorothy aspire à mieux, mais le mieux lui tourne le dos. Elle n'a d'autres choix que de se produire dans de nombreux night-clubs pour arrondir ses fins de mois dans les années 45.
Elle épouse dans la foulée le danseur Harold Nicholas avec qui elle aura une fille née avec un handicap mental : Harolyn. Il faudra attendre 1951, année de son divorce, pour la retrouver dans « Tarzan et la Reine de La Jungle », ou encore une fois elle incarne un rôle stéréotypée: la reine d’une tribu sauvage.
C'est aux côté d'Harry Belafonte qu'elle va réellement gagner ses galons de star dans « Bright Road » en 1953 dans la peau d'une institutrice du Sud. Et mieux encore, un an après, dans le magnifique"Carmen Jones" l'adaptation cinématographique de l'opéra Carmen toujours aux cotés d'Harry Belafonte. Son plus grand succés. Ce film a fait d'elle une star. Elle sera même nominée pour l’oscar de la meilleure actrice mais l'académie lui préférera Grace Kelly alors que beaucoup lui prédisait le prix. A partir de là, sa carrière décline à nouveau toujours en raison du manque de rôles et d'égard pour les actrices noires. Ni le talent ni la beauté de Dorothy n'auront plus d'importance que sa couleur de peau qui constituait un véritable frein à l'époque. « Si j’étais blanche, je pourrais capturer le monde » disait-elle, lucide.
Elle devra donc se résigner au peu qu'on lui offrait contrairement à ses amies proche Ava Gardner et Marilyn Monroe qui elles, avait le monde à leurs pieds. 
Son court mariage de 3ans avec un riche mais violent restaurateur puis son aventure avec un réalisateur blanc marié qui ne quitta jamais sa femme pour la noire qu'elle était et refusa toujours d'assumer leur relation, anéantit sa carrière et sa personne. Un passage de sa vie qui la ruine et la plonge dans la dépendance à l’alcool et aux antidépresseurs.
Avant cette épisode, elle s'était déjà illustrée par de mauvais choix de carrière en refusant de jouer l'esclave  Tiptim dans « Le Roi et Moi » par peur de nourrir les préjugés (on ne peut pas lui en vouloir) et avait dû se résoudre à abandonner ses rêves d’interpréter une Cléopâtre noire face aux hésitations des studios et d’un « Lady Sings The Blues » sous la direction d’Orson Welles. Viennent la dépression, la désillusion et l'amertume. 
L’hypothèque de sa maison et le choc de devoir abandonner sa fille handicapée à une institution publique à cause de sa situation financière la détruisent davantage.

Après un projet avorté en Europe du film « Marco Polo » avec Alain Delon et Anthony Quinn, Dorothy Dandridge se donne la mort le 8 septembre 1965 à Hollywood  en prenant des tranquillisants.

En 1999, Halle Berry sera choisie dans le téléfilm, “Introducing Dorothy Dandridge” qui retrace sa vie. On y découvre des anecdotes de racisme auquel elle fut confrontée comme celui où la piscine d'un hôtel sera entièrement vidée à la demande des clients après la baignade de Dorothy...


Hattie McDaniel, la bonne femme.
Hattie McDaniel dans Autant en emporte le vent.
Celle qui sera  la toute première actrice noire à remporter un Oscar mais pour un second rôle est Hattie McDaniel.  C'était pour "Gone With the Wind" (Autant en emporte le vent) en février 1940, 
Fille d'un père pasteur baptiste du Kansas ayant connu l'esclavage, Hattie Mcdaniel est très tôt, ainsi que ses douze frères, initiée à la musique, cet échappatoire vital.
A sa sortie de l'école en 1910, elle embrasse sans surprise la carrière de chanteuse et comédienne avant de devoir la mettre entre parenthèse à cause de la crise de 1929.
Elle est alors employée dans le Milwauke comme femme de ménage dans un club où se produisaient régulièrement des musiciens. 

Pour son plus grand bonheur, le patron décide un jour de faire passer des essais aux  membres du personnel. Hattie se démarque du lot et s'envole pour Hollywood en 1932 pour mieux endosser ses éternels vêtements de servante dans de nombreux films dont "Judge Priest", un film de la Fox. Elle enchaine alors sans chomer les petits roles tout en participant à des émissions radiophoniques.

En 1938, Hattie McDaniel décroche le rôle qui fera d'elle une star: Mamma, la nourrice noire de Ellen et Scarlett O'Hara dans Autant en emporte le vent. Ebloui par son travail,  le réalisateur David O'Selznik insiste pour qu'elle assiste à l'avant-première du film, à Atlanta. Mais ce sera sans compter les barrières raciales du Sud qui le feront vite capituler.
Elle sera  néanmoins présente à la cérémonie des Oscars du 29 février 1940, et aura l'honneur de rentrer dans l'histoire à travers son sacre mais aussi en étant la première noire à avoir assisté à la remise des Oscars.

La NAACP, organisation nationale militant pour les droits civiques, ne verra tout de même pas d'un bon oeil le fait que McDaniel ait accepté de se cantonner à des rôles de "bons" serviteurs noirs. Ce à quoi, l'actrice répliqua avec répartie : "Je préfère gagner 7 000 dollars par semaine en jouant le rôle d'une femme de ménage que 7 dollars par semaine en étant, effectivement, une femme de ménage, noire ou pas !  Et toc!



Pam Grier, l'icône plantureuse de la Blaxploitation


La Blaxploitation était une réponse cinématographique des acteurs et actrices noires qui en avaient ras le bol de se voir octroyer les sales roles dans des films de blancs faits par les blancs pour des blancs. Le seul moyen de remédier à l'affront était de prendre les rênes et de créer un cinéma propre aux afro-américains. Un cinéma où , pour une fois, les méchants flics blancs auraient droits à des fessés et où les noirs s'en sortiraient à bon compte sans être abattus dès les premières minutes du film, ou s'en avoir à répliquer des "oui patron" ou des "moi pas comprendre". Là, on affronte et on vainc le blanc. D'ailleurs la vision de ce cinéma est délibéremment manichéenne: le noir est bon et la blanc méchant. Pour changer un peu.
Ce cinéma est né dans les années 70 à l'époque du BLACK IS BEAUTIFULL, du BLACK AND PROUD, SAY IT LOUD, tendant à redonner au noir ce dont on lui avait privé: sa dignité. Un cinéma qui valorise la culture afro-américaine s'il en est.
Que des noirs à l'affiche, car le public visé est noir, et les thèmes sont consacrés aux préoccupations quotidiennes de la dite population. Mais les stéréotypes ne sont jamais trop loin. Peut être plus par autodérision. S'approprier les tares qui collent à la peau des noirs pour mieux en rire et les dénoncer. Du film policier, au western, en passant par le film politico-engagé, les arts martiaux, le fantastique, le gore, tout est permis à partir du moment ou les noirs peuvent enfin s'offrir le luxe d'être au premier plan dans des situations choisies, voulues, controlées...et dignes.


Mais dans cette recherche de dignité, les femmes noires ont-elles pu gagner la reconnaissance de leurs pairs en obtenant de vrais rôles à leur mesure? Rien n'est moins sûr. Certes principalement dirigées par des réalisateurs noirs, il leur était tout de même difficile d'échapper au regard macho ou sexiste de ce monde de mecs. Ici, on est loin du rôle de la servante mais on sert quand même d'objet de fantasmes, même implicitement. Qu'elle soit noire, blanche ou asiatique, l'actrice reste un objet de désir sous l'oeil d'une caméra masculine. Dans tous les cas, si les actrices noires de la Blaxploitation apparaissaient souvent en femme fatale à la poitrine pulpeuse capable d'étouffer un scénario et au sex-appeal perturbant une bonne intrigue, elles étaient souvent en première ligne avec gun, afro et répliques cultes. Et ça, c'est le lot de consolation du public féminin: voir des héroïnes se battre et se défendre sans l'aide d'un homme. 
En résumé, des leaders féminins émasculant les vilains, tout en émoustillant les spectateurs. En même temps, cela se passait à l'époque de la libération sexuelle, hippie, débridée, sous une pluie de stupéfiants.


Pam Grier, l'icônes des icônes dont les personnages légendaires à l'instar de Foxy Brown ou Coffy sont devenues plus célébres qu'elle même, a fièrement porté ce cinéma. C'est que les personnages qu'elle incarnait, n'étaient pas dans l'action, ils étaient l'action. Elle fut l'une des premières femmes à jouer des rôles de femme forte dans tous les sens du terme: baston, poigne, auto-gestion etc. Ici pas de bonne à tout faire, ni d'innocente fille attendant que son prince charmant vienne la délivrer, c'est elle qui gère et contrôle tout.


Tout d'abord, il faut remercier Tarantino d'avoir ressusciter l'icone à l'aube des annés 2000 dans le très bon Jackie Brown après une traversée du désert dû à la mort de la Blaxploitation qui n'a pas su résister à la vague de défrisage et plus sérieusement qui ne correspondait plus aux attentes du public. Devenu trop kitch ou en tout cas ayant fait le tour de la vaste question noire. 
C'est donc en héroine rappelant ses premiers amours qu'elle s'est fait connaitre du jeune public... l'afro en moins, pas de chance! C'est qui cette Jackie qui décoiffe? Connue elle? Ou est ce que Tarantino est allée déchinée ce premier role féminin? 
Dans les vieilles casettes que le réalisateur affectionne tant, et il n'a pas eu tort!
Après quelques longs séjours en Europe durant son enfance dû au travail d'un  papa mécanicien pour l'Us Air Force, Pam Grier revient au Etats Unis et  étudie au Metropolitan State College avant de participer à des concours de Miss. On la repère et c'est là qu'elle s'envole pour Hollywood. 
La bombe explose sans faire de blessés graves dans le cultissime Hollywood Vixens de Russ Mayer en 1970 où la peinture déjantée de l'american dream avec tout ce que ca comporte de désilusion, d'escroquerie et d'exploitation de jeunes filles naïves. Mais c'est trois ans plus tard qu'elle déchire tout: tendon, cerveau, yeux, coeur, bouche des spectateurs mais également des personnages masculins dans Coffy, la panthère noire de Harlem. Coffy, c'est l'histoire d'une fraiche infirmière sans histoire, qui découvre que sa gamine de soeur à peine agée de 12 ans est sous la coupe d'un proxénète qui est égalment son dealer en héroïne.  Que cela ne tienne, la brave se fait passer pour une prostituée camée, s'introduit en deux temps trois mouvements dans le milieu. Armée jusqu'aux dents et aux seins, elle se donne pour mission de botter les fesses aux méchants monsieur du réseau de sa soeur.
Avec ce film, Pam Grier est adoubée Reine de la Blaxploitation. Puis vient son personnage de Foxy Brown dans le film éponyme. Elle y joue une terrible vengeresse voulant punir les assassins de son inspecteur de mari sous fond de guerre de drogue. Comme par hasard, il faut qu'elle se fasse passer pour une call-girl, sinon, ce n'est pas sexy, ni interressant visuellement. Et là, c'est la guéguerre! Sauve qui peut!
Son corps aux courbes parfaites et naturelles est la première arme de Pam Grier. Elle s'en servira souvent de manière consciente parfois malgré elle dans toute sa filmographie. 
Ce qui va finir par la peser. Dans les années 80, elle se lasse et quitte ces productions et ses rôles de fausses vraies prostituées, aux coups de poing faciles, et de séductrices castratrices pour la télévision et la théâtre. C'est à ce moment que les médecins lui diagnostiquent non seulement un cancer mais également dans leur grande délicatesse 18 mois à vivre!
Mais Pam Grier tient à la vie et réciproquement. Elle se bat et met KO la maladie. Si elle se fait peu à peu oublier du grand public, elle arrive tout de même à tourner pour Tim Burton dans l'excellent Mars Attack, ou encore dans Los Angeles 2013 et quelques rôles secondaires ça et là ( Holy smoke Ghosts of Mars, Gangsta cop) et dans des séries pour des rôles récurrents comme dans l'univers des filles aimant les filles de the L World ou occasionnels dans New york unité spécial, Smallville ou Bones. A plus de 60 ans, elle n'a rien perdu de son aura. Black is beautifull!


Halle Berry: la bombe oscarisée
Deux choses viennent à l'esprit quand on évoque Halle Berry: l'oscar et la plastique. Elle est la première actrice noire à remporter l'oscar de la meilleure actrice dans un premier rôle. Consécration marquée par un discours mémorable où elle citait tous les noms de ses consoeurs afro-américaines qui lui venaient à l'esprit comme pour dire: vous nous ignorez mais on est bien là et bien valable! Et on est nombreuses à galérer les amis! 
Mais également un physique irréprochable, et le Dieu Photoshop n'y est pour rien. Sa langoureuse sortie de l'eau en maillot orange dans James Bond est devenue culte au point de faire oublier qu'elle est d'abord une actrice de talent.


Née d'un père afro-américain et d'une mère blanche d'origine anglaise, Halle est élevée par sa mère après la séparation de ses parents. 
Sa beauté incomparable et son allure voluptueuse lui vaut dès l'age de 14 ans le titre de Miss Teen All-American puis un peu plus tard la place de finaliste aux concours Miss USA et de Miss Monde. 
Sois belle et tais toi? Très peu pour elle! Elle entreprend des études de journalisme avant de se lancer dans la comédie. 
Installée à Chicago, elle se produit dans les spectacles The Sound of music et The Wiz et décroche également quelques contrats dans le mannequinnat avant d'obtenir ses premiers rôles à la télévision comme The Living dolls en 1989. C'est a cette époque qu'on lui diagnostique un diabète grave après qu'elle soit tombée dans le coma sur le plateau de la série. 
En 1991, Spike Lee descelle son talent et  fait appel à elle pour le rôle d'une junkie dans le controversé Jungle fever aux côtés de Samuel Jackson.


Do the right thing, Spike lee et Halle Berry.
Mais le succès ne vient pas tout de suite, et elle devra se contenter de petits rôles sur petits écrans avant d'enchainer les seconds rôles au cinéma comme celui d'une strip-teaseuse dans Le Dernier samaritain. Mais Halle n'est pas une godiche, elle a du talent à revendre. Elle parvient à convaincre et séduit peu de temps après Eddie Murphy dans l'inénarrable  Boomerang aux coté de Grace Jones puis joue dans la comédie loufoque La Famille Pierrafeu avant de donner la réplique à Warren Beatty  dans le face à face politique Bulworth. Sa versatilité est notoire, et contrairement à de nombreux acteurs et actrices, elle ne s'enferme pas dans un genre. Elle sait tout jouer. C'est ainsi qu'elle montrera toute l'étendu de son talent dans Losing Isaiah ou elle campe le role d'une ex-droguée et alcoolique qui se bat pour avoir la garde de son fils recueilli par des parents blancs et surtout pour reconquérir son coeur, car l'enfant rejette farouchement cette maman noire après avoir vécu entouré d'une famille blanche dans un  environnement bourgeois. Sa prestation est brillante pourtant le réalisateur était d'abord sceptique à l'idée de lui offrir le role de la mère en rédemption. Il la fait auditionner sans conviction : "Rien de ce que j'avais pu voir de son travail ne laissait présager un tel potentiel...J'avais tort!". 
C'est le blockbuster X-men en 2000 qui lui apporte argent, gloire et flash de paparazzis même si elle bénéficiait déjà d'une certaine notoriété. Elle y incarne Tornade, personnage blonde platine capable de manipuler les phénomènes météorologiques, rôle qu'elle reprendra dans les suites en 2003 et en 2006
Elle aurait pourtant pu connaitre le succès plus tôt si elle n'avait pas eu la malencontreuse idée de refuser le rôle féminin principal dans le blockbuster Speed aux cotés de Keanu Reeves. Choix qu'elle a regretté amèrement au vu du succès du film qui a lancé la carrière de sa remplacante Sandra Bullock. Halle voyait en ce rôle un simple faire valoir du héros masculin, ce qu'elle avait déjà joué auparavant. En revanche, on ne lui en voudra pas d'avoir refuser de jouer Aretha Franklin dans le film en préparation retracant la carrière de la diva. Malgré l'insistance d'Aretha pour que ce soit Halle et pas une autre, celle ci ne se trouvait ni physiquement ni vocalement crédible pour ce role. Lucide!


En 2000, elle se glisse sous la peau de son idole Dorothy Dandridge pour un téléfilm qui lui vaut enfin d'être récompensée par un Golden Globe. Elle s'implique totalement dans ce projet car il lui tenait à coeur de rendre un réel hommage à celle qui la inspirait et lui a donné envie d'être actrice.
En 2002, son émouvante performance d'épouse de condamné à mort dans A l'ombre de la haine la fera entrée dans l'histoire comme la première femme noire sacrée meilleure actrice aux oscars. 
Elle en surprendra plus d'un en acceptant juste après de tourner dans deux films d'action : femme fatalement nue dans l'Opération Espadon avec John Travolta ou Halle exhibe sa célèbre poitrine pour une scène qui fera scandale auprès de la communauté afro-américaine qui y voit une dévalorisation de la femme noire. Mais pour Halle c'est l'occasion de " ne pas laisser ma couleur déterminer mes choix car le rôle, à la base, était également disponible pour une actrice blanche, il faut parfois laisser parler la femme avant tout, et mettre de coté la peur d'être jugée par ma communauté ou d'être manipulée par une autre. Je n'ai pas de problème avec la nudité"...
Elle obtient le meilleur salaire de sa carrière pour ce rôle: 2.5000.000. Le nu, ça paie. Puis accepte de jouer une James Bond girl plantureuse face à Pierce Brosnan dans Meurs un autre jour en 2002. Ce choix lui aurait valu les foudres d'une autre oscarisée Charlize Theron qui selon une certaine presse se serait étonnée de la voir jouer les belles plantes dans des films moins intellos juste après un oscar. Mais cette même Charlize Theron refuta plus tard avoir dénigré les choix fimographiques d'Halle Berry et a déclaré lui avoir envoyé des fleurs pour s'excuser de ce qu'elle n'a jamais dit. " Au contraire, j'admire beaucoup Halle! C'est une grande actrice". Malheureusement ce sera silence radio pour Halle qui ne semble pas avoir digéré les fausses vraies déclarations de sa consoeur. 


Il est néanmoins vrai que l'oscar de la belle ne lui a pas permis d'obtenir de meilleurs rôles à défauts de plus de rôles. Etre une actrice noire même oscarisée, ne fait pas la différence. Il faut se battre pour gagner le premier rôle. On ne peut donc pas en vouloir à Halle de s'être perdue dans le costume en cuir de Catwoman en 2004. Role qui lui a valu le déshonneur de se voir attribuer le Razzie de la pire actrice. Qu'importe, elle accepte son échec et va chercher sa récompense. L'autodérision de la belle lui réussit à merveille puisque le public ainsi que les médias retiendront avant tout son humour et son fairplay et la video de son passage à la cérémonie fera autant de buzz que pour son oscar.
Sa performance de skizoprène stripteaseuse dans Frankie et Alice sera saluée par la critique et lui apportera une nouvelle nomination aux Goldens.
Coté vie privée, Halle Berry a souvent été malmenée par les hommes de sa vie qui l'ont pratiquement tous brutaliser au point de la pousser à une tentative de suicide quand elle n'a pas dû faire face aux infidélités chroniques de son queutard d'ex mari Eric Benet .


Aujourd'hui maman d'une magnifique petite fille, elle est actuellement confrontée à un scandale "raciale" relayé par les sites américains. Son ex-compagnon Gabriel Aubry ne serait pas d'accord sur la manière dont Halle élèverait leur fille en terme d'identité. Il n'accepterait pas que l'on parle de la petite comme étant noire, insistant sur le fait que sa fille est blanche. Halle Berry, elle-même métisse,  mais se considérant comme noire  et ayant été élevée comme telle aurait déclaré dans une interview au mag Ebony: «Ma fille est noire. Je suis noire et je suis sa mère, et je crois à la ‘one drop rule’.» La «one drop rule» est un principe établi durant la ségrégation aux Etats-Unis, selon lequel toute personne ayant le moindre lien de parenté établi avec une personne noire est considérée comme étant noire. Pourtant dans le Tyra Banks Show, elle avait répondu à Tyra qui lui demandait comment elle aiderait sa fille à choisir " son camp" que la question ne se posait pas et que sa fille choisirait librement la manière dont elle voudra se définir.


Quoiqu'il en soit à plus de 40 ans, elle reste parmi les personnalités citées comme les plus belles, les plus sexy et les plus élégantes en parlant des fameux classements établis tous les par les magazines. 

Whoopi Goldberg, la plus populaire


Parmi les actrices noires, celle qui remporte tous les suffrages auprès du public est Whoopi Goldberg. Elle est surement  la plus connue des femmes noires bien loin devant Naomi Campbell ou Beyoncé. Elle fut également l'actrice noire la plus prisée d'Hollywood avec à son compteur une dizaine de films à succès dont certains sont devenus des classiques. Et c'est l'une des rares actrices à pouvoir se targuer d'avoir eu pratiquement que des rôles principaux.
Whoopi c'est avant tout une dégaine reconnaissable parmi toutes. Dans le monde de la perfection où un seul cheveux ne doit pas dépasser, où la beauté est préconçue au millimètre par les diktats de l'apparence, Whoopi a su imposer et faire aimer son style à part. Des locks, des tresses ou les deux à la fois, des nattes et chignons à l'africaine, des coupes afro, un  look à mi-chemin entre le hippy, le rasta et les influences africaines. Un ovni parmi les barbies blondes!
Après une carrière cinématographique fulgurante, beaucoup ont cru à la fin de la carrière de la reine de l'humour et pourtant  si elle a déserté le grand écran, c'est pour mieux se consacrer au théâtre à Broadway son premier amour et à la production télévisuelle.


Après des débuts sur les planches, et des boulots en parallèle dans un funérarium et la maçonnerie, elle quitte New York pour s'installer dans la ville de tous les rêves Los Angeles. Et c'est Steven Spielberg qui lui offre son premier succès en 1985 dans La Couleur pourpre qui lui vaut une renommée internationale, des critiques dithyrambiques ainsi qu'une nomination à l'Oscar de la meilleure actrice (et le Golden Globe équivalent). Et si en général, le premier rôle qui révèle un acteur au public détermine la suite de sa carrière, cela n'a pas été le cas de Whoopi qui malgré sa grande prestation dans un personnage dramatique aura une carrière marquée par des personnages pour la plupart comiques. Son exubérance, son look, son grand sourire et son sens de l'improvisation s'y prêtaient sans doute.
Whoopi dans Couleur pourpre
Les comédies marqueront sa brillante filmographie : Jumpin' jack flash (1986), L'Associé(1996), Made in America (1993) ou Rat race (2001). Son rôle de bonne soeur extravagante chargée malgré elle de dépoussiérer l'image, l'esprit, les cordes vocales et l'école catholique d'un quartier chaud du Bronx dans la comédie musicale Sister Act 1 et 2  entraînera un Alléluia international de la part d'un public conquis.


L'oscar du meilleur second rôle féminin, elle l'obtiendra grâce au film fantastico-romantique Ghost aux cotés de Demi Moore et du regretté Patrick Swayze. Elle y interprète magnifiquement une voyante sans foi ni scrupules qui illumine le film et le rend moins mièvre.
Whoopi prouve cependant que derrière son sens comique indiscutable, elle a d'autres cordes à son arc. Elle va ainsi s'illustrer dans des registres plus dramatiques:  une veuve militante et éplorée sous fond de ségrégation raciale dans les fantômes du passé, une infirmière stoïque et insaisissable dans une vie volée aux cotés d'Angelina Jolie, un professeur victime de l'appartheid dans Sarafina...
Aujourd'hui, Whoopi  interview les célébrités dans son show intitulée The View autour d'autres chroniqueuses. C'est d'ailleurs dans ce cadre qu'elle a révélée alors que le cas de la désintoxication de Charlie Sheen était traité, son addiction à la drogue:
"J'ai été complètement accro à la drogue. J'allais travaillé uniquement parce que d'autres personnes risquaient de se retrouver au chômage sinon et également parce que j'avais besoin d'argent pour me payer la drogue. Je restais dans mon lit pendant trois, quatre jours, complètement terrifiée parce que je pensais qu'il y avait quelque chose sous le lit. Je faisais pipi au lit, et parfois pire". Toutefois, aujourd'hui, elle s'en est sorti et c'est l'esprit clair qu'elle gère à 55 ans sa nouvelle casquette de femme d'affaire.


Kerry Washington, la valeur montante
Kerry actrice et égérie de beauté


Même la célèbre marque qui le vaut bien n'a pas résisté au visage parfait et au charisme de Kerry Washington qui désormais fait partie de ses égéries enviées. Les photographes et les magazines de mode raffole de son style qui fait toujours l'objet d'autopsie esthétique à chaque évènement ou elle apparaît. 
Mais Kerry Washington, c'est avant tout un cerveau. Elle intervient dans de nombreux évènements socio-politiques où son engagement, sa verve, sa culture et son aisance en impressionnent plus d'un.


 Diplômée de la Spence School, à New York, en 1994 comme sa consoeur Gwyneth Paltrow, elle obtient également en 1998 un diplôme de théâtre à l'université Georges Washington.
Son premier succès au cinéma, elle l'obtient avec le film Save the last dance en 2001 pour lequel elle remporte un prix  d'interprétation. Mais c'est Spike Lee qui en 2004 lui offre l'un de ses roles les plus marquants, celui d'une lesbienne décidée par tous les moyens à avoir un enfant dans She hate me. Elle y offre une performance totalement désinhibée.  La même année c'est aux cotés d'un Jamie Foxx bluffant dans la peau de Ray Charles, qu'elle s'impose réellement. Le film qui vaut à Jamie Foxx un oscar est un gros succès critique et au box-office. Elle y campe sobrement le role de Della Bea Robinson, la femme du défunt chanteur.
I think i love my wife, kerry et Chris Rock
En 2005, elle rejoint les deux plus grandes stars de la planète Angelina Jolie et Brad Pitt dans Mr and Mrs Smith. Pour l'anecdote, Chris Rock sèmera le doute dans les esprits en déclarant:" je connais une actrice noire qui a couché avec Brad et Angelina"...
Sachant que la belle a tourné avec le couple mais également sous la direction du même Chris Rock en amante aguicheuse dans Je crois que j'aime ma femme, on pourrait se poser des questions...




Le dernier roi d'Ecosse
Toujours est t-il que Kerry s'illustre brillamment dans des roles pour la plupart dramatiques comme dans le Dernier Roi d'Ecosse avec elle se glisse sous la peau de la plus téméraire des femmes d'un Forest Whitaker bluffant sous les traits d'un sanguinaire, détestable et polygame Amin Dada, et oscarisé par la même, à croire qu'elle porte bonheur à ses partenaires. Ou encore le poignant Mother and child en 2010 avec Samuel L Jackson et Naomi Watts, dans la peau d'une femme cherchant désespérément à avoir un enfant sans réellement avoir d'instinct maternel. 
Night catches us
Depuis, elle s'est entre autres glissée sous la peau d'une militante du Black panther party dans Night catches us ou tournée entourée de ses consoeurs afro-américaines dans For colored girls, qui n'est pas sorti en France et qui a été boudé par les oscars de 2012, une fable narrant les épreuves, le courage et la dignité de différentes femmes noires et sera au casting du très attendu western modern Django unchained de Tarantino. 
Le talent de Kerry Washington n'est plus à prouver. Mais les premiers rôles se font rares.


Un semblant de boycott?
Lorette Devine,Whitney Houston, Angela Basset et
Lela Rochon dans Ou sontles hommes? (Waiting
for exhale) de Forest Whitaker.
Tenter d'établir la biographie et la filmographie de toutes les actrices noires américaines serait un travail de longue haleine qui nécessiterait des pages interminables surtout qu'il est difficile dans un  élan passionné de résumer leurs parcours. Il y a tellement à dire et redire sur ces figures sous-employées par le cinéma. Si ni la couleur de peau ni le sexe ne font un acteur, il est indéniable que les femmes noires dans le cinéma hollywoodien rencontrent plus de difficultés que les autres à trouver des roles valorisants ou intéressants.


On note d'ailleurs cette double carrière que les afro américaines semblent toutes mener. D'un coté leur recherche effrénée de bons rôles (ou de rôles tout court) dans les gros films hollywoodiens ou en tout cas dans l'industrie Hollywoodienne dominante, de l'autre leur participation dans des films indépendants afro-américains, une sorte de post-blaxploitation adaptée aux demandes du public afroaméricain ou des adeptes de cette culture afro, moins prisée par les distributeurs étrangers. Comment expliquer cette mise de coté des actrices afro-américaines dans une industrie comme Hollywood? Pourquoi semble t-il y avoir une marginalisation et une sous-estimation les concernant? 
La femme noire dans le cinéma américain est toujours cantonnée au même mauvais personnage, à plusieurs égard: la bonne naive, l'objet sexuel, la fille sans manière...que de clichés! Et cela quand elle ne reste pas dans l'ombre, au fond des couloirs de casting condamnée à être refoulée. Très peu réussissent à faire valoir leur talent. 


Et la frustration est d'autant plus grande quand les producteurs préfèrent transformer des actrices blanches comme Angelina Jolie pour jouer par exemple l'histoire vraie d'une journaliste métisse Mariane Pearl dont le mari a été assassiné par des terroristes. Thandie Newton qui s'intéressait au projet et qui expliquait cette difficulté de trouver des roles écrits pour des femmes noires s'en est offusquée. Si en plus, on leur vole le peu qu'elles ont! Certes, il s'agit également d'une performance d'actrice et Angelina Jolie n'en est pas a son premier coup d'essai ayant déjà joué une métisse indienne, ses traits le permette, ou d'autres actrices ayant joué non pas des roles d'hommes mais des hommes ( Cate Blanchett a interprété le role de Bob Dylan dans son biopic). Cela dit, on peut comprendre leur mécontentement ou le fait qu'elles y percoivent du mépris.


Angela Basset, la cinquantaine rayonnante!
Tellement à dire! On aurait pu s'étendre sur Angela Basset cette ancienne étudiante de Yale, première afro-américaine à avoir remporté le Golden Globe de la meilleure actrice pour son interprétation de Tina Turner en 1993, et qui a également été nommée à l'oscar de la meilleure actrice pour ce même rôle. Elle a tété saluée pour la plupart  de ses prestations dont les classiques Boyz n the hood en 91 ou Malcom X en 92 sans pour autant acquérir plus de place à Hollywood. Pourquoi, sachant qu'elle réunit toutes les qualités d'une bonne actrice?


Nia Long, une actrice souvent sollicitée pour le role de la petite amie avec dans son tableau de chasse filmographique Will Smith, Martin Lawrence ou Jude Law, et jonglant également entre la comédie et le drame, entre les films afro américains et les films disons tout public, pose le problème sous un angle spécial.
" Etre une femme de couleur n'est déjà pas chose facile à Hollywood, mais plus la peau est foncée moins on a de chance de décrocher des rôles. Difficile de lutter contre les diktats. Les filles à la peau claire s'en sortent mieux" A noter qu'elle avait décliné l'offre de jouer le personnage qui a donné à Halle Berry un oscar. Dans un entretien au magazine Essence qui lui consacrait sa couverture en trio avec Sanaa Lathan et Gabrielle Union, elles s'étalaient toutes trois sur leur condition d'actrice noire.
Gabrielle Union 40ans et Sanaa Lathan 41ans, black don't crack!
Elles font parties des rares qui ont réussi à se faire un nom. "Quand j'obtiens un rôle, c'est toujours comme une bénédiction. Mais pas question d'accepter tout et n'importe quoi, je ne travaille pas pour l'argent. " déclare Sanaa Lathan. "J'ai par exemple jouer une sénégalaise dans un tout petit film, et c'était très emballant de pouvoir travailler pour la première fois un accent différent, de s'investir à ce point, car les bons rôles n'arrivent pas souvent. La plupart du temps, j'attends. Je suis une sorte d'intermittente. Et à ce stade de ma carrière, à plus de 35ans, c'est dur pour une actrice en général de susciter un quelconque intérêt dans ce milieu, et c'est pire pour une noire. Il faut réellement être forte et persévérer, savoir endurer notre situation d'actrice en attente perpétuelle...


Jude Law et Nia Long dans Irresistible Alfie
Et Nia Long de renchérir " Quelque soit ta durée dans le métier, il y a toujours un fort sentiment d'insécurité. Mais l'important est de rester fidèle à soi même et de ne pas être envieux quand les bonnes opportunités vous échappent pour arriver à d'autres qui ne sont pas meilleurs que vous. C'est dur car il faut être au bon endroit, au bon moment pour percer. C'est là tout le problème"...
Gabrielle Union va plus loin " Nous, les noires, on intéresse pas la presse, on intéresse pas les médias et les paparazzis ne squattent pas devant chez nous. Donc si les sites et blogs afro américains pouvaient s'intéresser à notre travail, au lieu de nous inventer des vies, ou de critiquer nos perruques, la forme de nos nez ou nos habits, ce serait pas de refus. Surtout qu'on est les premiers à se plaindre de ne pas avoir une meilleure visibilité dans les médias, les blancs nous ignorant complétement. Soyons plus unis, et valorisons nous." 
Et les trois actrices de mettre en avant la grande solidarité qui existe entre les actrices noires à Hollywood et le fait qu'elles aient à coeur de se soutenir mutuellement face à une industrie qui les garde dans l'ombre.


Celles qui cartonnent 
La question de la couleur de la peau dans un pays au passé ségrégationniste comme celui de l'oncle Tom est un véritable sujet à débat. Zoe Saldana, une actrice qui soulève beaucoup d'interrogations quant à son identité ou particulièrement sa couleur de peau: Est-elle noire? Ou latina? Afro-américaine ou afro-latina? Se définit -elle comme blanche? Voilà le genre de questions que l'on peut trouver dans les forums avec des perles du genre: "si elle a joué le personnage de la fille d'un homme noir, c'est qu'elle est noire". 


Zoe Saldana dans Colombiana.
Pour tout dire, Zoe est une métisse dominicaine et portoricaine qui a hérité d'une belle peau miel témoignant de ses multiples origines et qui a grandit entre les Etats-Unis et la république Dominicaine. Elle fait partie des it-girl d'hollywood ayant été propulsée par des blockbusters comme Avatar et Star trek et arrivant à obtenir de bons rôles la plupart du temps. C'est actuellement l'une des rares à tourner dans des films d'actions comme Colombiana. Le fait que ses origines sèment le trouble et qu'elle ait un physique ou un métissage passe-partout participe peut être à lui ouvrir des portes car elle peut jouer différentes origines. Pareil pour la latina Rosario Dawson qui a un beau cv et qui n'aime pas qu'on lui demande d'où elle vient. De partout et de nulle part répond elle en substance. Pour Paula Patton, une actrice métisse à la beauté classique qui a joué dans Precious ou encore aux coté de Denzell Washington et qui est actuellement à l'affiche de Mission Impossible 4 avec Tom Cruise, talent ou pas Hollywood ne fait aucun cadeau aux femmes dites typées. Son mari le chanteur Robyn Thicke affirme même que si elle était blanche, sa carrière aurait décollé plus tôt et plus vite. D'un autre côté, les actrices afro-américaines à l'apparence dite trop ethnique se sentent deux fois plus marginalisées que leurs consoeurs métissées et disent être cantonnées à certains personnages ou reléguées aux oubliettes.
Kimberle Elise, Oprah Winfrey et Thandie Newton dans Beloved (toni Morrison).
Face au veto de l'industrie, certaines entonnent des discours je-men-foutiste. Pour l'actrice Mo'Nique oscarisée pour son second rôle de mère ignoble et ignare dans Precious, les choses sont radicales: "Oscar ou pas, ma vie d'actrice ne va pas changer et de toute facon, je ne compte pas sur Hollywood pour quoique ce soit.! " Sa partenaire Gabourey Sidibe qui a ému le monde entier, ou presque dans ce film et dont tout le monde a salué la prestation, n'a même pas eu le droit d'être photographiée aux cotés des actrices montantes d'Hollywood quand le magazine Vanity Fair leur consacrait une couverture, alors qu'elle figurait dans leur liste. Pourquoi? Parce qu'elle est noire? Trop ronde? Pas assez belle? Cette omission avait fait scandale.


 Les actrices anglaises cartonnent aux Etats-Unis où elles mènent une carrière en parallèle à celle en Grande Bretagne. Ci-dessus l'anglaise Naomi Harris dans Pirates des caraïbes et à la ville.  Il y a également l'anglo-zambienne Thandie Newton vu dans Mission Impossible 2 ou Collision (crash), l'anglo-nigérienne Sophie Okonedo vu dans Hotel Rwanda ou Skin, l'anglo-nigérienne Winmi Mosaku, l'anglo-sud-africaine Gugu Mbata-raw, Christine Adams, l'anglo-haitienne Marianne Jean Baptiste première actrice noire britannique à être nominée pour un oscar pour sa prestation dans Secret and lies et actuellement dans la série américaine à succès Portés disparus (Without a trace).


Les chanteuses afro-américaines s'essaient également à la comédie et toujours avec succés car elles ont déjà leur public. Dans ce cas de figure, les producteurs oublient la couleur de la peau comme par enchantement pour celle plus attrayante de l'argent! Bien évidemment! On se souvient tous d'une Whitney Houston rayonnante dans Bodygard avant que la diva ne se spécialise dans des films afro-américains; Diana Ross a su faire la belle sur les plateaux de cinema à la belle époque;  Beyonce s'en sort pas mal comme actrice mais toujours pour des rôles chantant;  Jennifer Hudson joue tellement bien qu'on pourrait se demander si l'actrice ne va pas supplanter la chanteuse d'or; pareil pour Queen Latifah qui après avoir eu le respect de ses pairs du rap, a tous les louanges au cinéma dans une carrière éclectique; Brandy a brillé dans sa série Moesha et eu quelques bons rôles dans des films pour ados du temps où elle était en tête des charts; Ashanti a agréablement surpris Samuel Jackson qui ne voulait pas jouer aux côtés d'une starlette du rnb qui s'est révélée plus que convaincante; Lauryn Hill nous a subjugué à l'écran dans le culte Sister act 2, a tourné avec Steven Soderbergh et a même décliné l'offre de jouer dans les drôles de dames ou dans le mexicain aux cotés de Julia Roberts et Brad Pitt, c'est dire; Janet Jackson séduit le cinéma afro-américain; Alicia Keys aime jouer les rôles de composition comme les bad girls dans des films d'actions ou des drames;  Aaliyah partie trop tot, aurait pu avoir une belle filmographie puisque les studios la sollicitait dans des gros films comme Matrix; Rihanna casse la baraque sur le plateau du dernier Clint Eastwood parait-il.
Les chanteuses-acrtices: Queen Latifah, Jennifer Hudson et Alicia Keys
dans Le secret de Lily Owens
(The secret life of bees)
Et si on faisait comme Halle Berry à la remise de son oscar, et citer celles qu'on a failli oublier: merci à Jada Pinkett Smith, Vivica Fox, Laura Patton, Alfre Woodard,  Joy Bryant, Nona Gaye, Vanessa L Williams et Vanessa Williams, Anika Noni Rose, Gloria Reubun, Lonette Mckee, Garcelle Beauvais Nilon, Thandie Newton, Raven Simoné, Regina King, Meagan Good, Cicely Tyson, Sharon Leal, Lisa Bonet, Taraji. P Henson, Kimberly Elise, CC H pounder, Elise Neal, Naomi Harris, Marianne Jean Baptiste, Sophy Okonedo, Tamara Dobson, Viola Davis et à chacun de compléter...


Même topo en Amerique latine


Tatiana Godoi, afrobrésilienne
Les acteurs noirs ont très peu de place dans les films sud-américains. Ce n'est pas tous les jours que des films comme Cidade de deus sortent. Et encore ce film traite de la violence dans les favelas. Il faut dire que les afro-latinos sont toujours limités à des personnages peu valorisants principalement dans les télé-novelas où la couleur foncée est associée à tout ce qu'il ya de plus négatif: violence, ignorance, pauvreté, illétrisme et version revisitée de l'esclavage...
L'actrice afro-brésilienne Tatiana Godoi découverte dans la célèbre télé-novela Isaura s'est confiée au site grioo sur son statut d'actrice noire dans le cinéma brésilien:
"C’est un peu compliqué, être noire et femme, car pour certains produits, nous ne représentons malheureusement pas les standards de beauté, et on ne nous appelle donc pas pour les auditions...Il y  a très peu d'acteurs noirs et je pense que l'on devrait commencer par arrêter de parler d’acteur noir ou d’actrice blanche, car personne ne se réfère à l’actrice Ana Paula Arósio, par exemple, comme actrice blanche. Par conséquent, on doit arrêter de parler, par exemple de Lázaro Ramos ou de tout autre, comme d’un acteur noir. Un acteur est un acteur, et il faut également arrêter de n'utiliser les noirs que pour des rôles d’esclaves. Avoir des noirs dans les novelas ne suffit pas, les noirs doivent avoir des familles, car dans les novelas, les noirs n’ont pas de famille et le noir est toujours traité comme un pauvre. Non, il faut que le personnage soit normal comme tout autre personnage, et non en tant que personnage noir."


Tais Araujo est la première actrice noire à avoir obtenu le premier rôle dans un feuilleton Brésilien. Il s'agissait de Xica da Silva en 1996 sur le thème de l'esclavage.
"Elle jouait effectivement le rôle principal. Mais elle a réussi à devenir l’épouse du négociant en diamants, elle avait des esclaves et elle assumait l'identité blanche. Elle mettait même la poudre de riz sur son visage pour garder la peau claire." déclare le sociologue David Martinez sur guyzoducamer.afrikblog.com
La starlette des télénovelas: l'afro brésilienne Tais Araujo
Tout en précisant le manque de production qui dépeindrai le quotidien du Brésil esclavagiste selon la vision des habitants de la senzala (quartier des esclaves), il se pose des questions quant à la receptivité du spectateur "Je pense que le Brésilien a encore des préjugés, et je ne sais pas si un feuilleton de ce type aurait de bons taux d’audience. C’est pourquoi je pense qu’il est difficile que cette révolution se produise. À la télévision, comme dans Sinhá Moça, les Noirs doivent encore être sauvé par les Blancs. Le feuilleton n’a pas encore réussi à quitter la grande maison (celle du propriétaire) pour effectivement aller dans les quartiers des esclaves." 
Pour  Mary Ceica, il faut aller plus loin et laisser les noirs raconter leur propre histoire:


"Les novelas racontent encore l’histoire à partir du regard du dominateur. Le téléspectateur essaie toujours d’avoir de l’emphatie pour les personnages noirs. Changer la vision de l’histoire serait hyper intéressant et je pense que le public accueillera bien un tel changement."


De même, les afrocolombiens peinent à exister dans le cinéma de leur pays. Un exemple édifiant, la version colombienne de Greys anatomie n'a pas daigné retenir un seul acteur noir alors que la série originale est produite par une afroaméricaine et compte une belle palette d'acteurs noirs mais aussi de toutes origines.


"Malheureusement, personne n’a accordé de l’importance au noir en tant que tel. Ici, il y a des acteurs comme Ramsés Ramos, Jorge Montarrosa, James Vargas ou Luis Tamayo, 'El Palabrero' de la telenovela Guajira, qui ont une grande qualité ", affirme l'acteur colombien Oscar Borda.."Il faut que l’on réglemente  les productions (comme au États-Unis) de telle sorte que chaque série ait un noir, évidemment, avec le talent et la qualité exigée par le rôle qu’on lui attribue. En plus, si on copie les séries étrangères, copions les bien au moins". Texte recueilli et traduit  par Guy Everard Mbarga.




Du coté de l'Europe. Que se passet-il en France?


...pas grand chose. Les francais issus de l'immigration en particulier les africains n'ont ni la côte au cinéma ni ailleurs. Etre africain c'est pas chic, on s'en remet au CV anonyme. Plus sérieusement les minorités visibles ont cela de problème qu'elles sont justement visibles et qu'il vaut mieux se fondre dans la masse et se confondre dans le néant. Depuis que les francais sont allés chercher et des soldats et des travailleurs en Afrique, et que l'immigration s'est depuis peu à peu installée de manière plus volontaire, il existe aujourd'hui une population noire qui est bien francaise, qui revendique ses droits et assume ses devoirs. Beaucoup de jeunes francais d'origines africaines n'ont d'africain que ces lointaines origines et ne voit aucun inconvénient d'apprendre que leurs ancetres sont des gaulois (quoique) puisqu'ils baignent pleinement dans la culture française depuis leur premier cri, ont étudié l'histoire de France et ne veulent plus justifier d'une quelconque culture d'ailleurs. Mieux encore ils vivent très bien leurs multiples cultures et savent faire la part des choses. Sans compter la France d'outre Mer et les antillais qui devraient avoir plus de visibilité puisqu'ils sont pleinement  francais. Pourquoi tout ce beau monde n'est il donc pas sollicité par le cinéma? Les magrébins eux sont en tête d'affiche depuis très longtemps en France et les acteurs et actrices d'origines magrébines ou arabes se comptent à la pelle. Sans doute parce qu'ils passent mieux à l'écran où parce qu'il y a de plus en plus de réalisateurs d'origines maghrébines...A noter qu'en France autant d'acteurs que d'actrices noires désespèrent à trouver des rôles contrairement aux USA ou seules les actrices noires vivent une certaine marginalisation. Pas de rôles écrits ou attribués aux noirs. Pour ce faire, il faudrait que les populations noires gagnent plus de considération dans la société française, et qu'on leur donne les mêmes chances sociales que les autres citoyens. Or on ne les voit pas , ou on préfère ne pas les voir. Et le cinéma reflète cette réalité sociale. Omar Sy actuellement à l'affiche d'Intouchable a conquis le coeur du grand public et cela depuis longtemps. Comme quoi la couleur peut se faire oublier pour laisser place à l'essentiel: le talent!


Aïssa Maïga, celle qui réussit à tout ou celle à qui tout réussit.
Aissa Maiga et Romain Duris dans L'age d'homme.
Aissa Maiga est l'une des rares pour ne pas dire la seule en France à avoir le luxe de s'être imposée dans le septième art. Mais ne lui parler pas de sa couleur, elle est actrice avant tout, et voudrait que l'on ne la juge que sur son travail: "je ne passe que des castings de blonde! C'est-à-dire que je suis conviée à des essais pour des rôles qui ne sont pas écrits spécifiquement pour des Noires, mais pour des jeunes femmes trentenaires, point final." Confiait-elle à L'Express. "Le déclic s'est produit dans la tête des producteurs et des réalisateurs depuis Les Poupées russes, de Cédric Klapisch, et L'un reste, l'autre part, de Claude Berri. D'un seul coup, j'ai commencé à exister dans la tête des gens en tant qu'actrice, et plus seulement noire". Depuis, elle a tourné dans beaucoup de films dont le rôle féminin principal sous les traits de la petite amie de Romain Duris dans l'Age d'homme, "et je ne suis pas peu fière d'avoir ravi la place à une comédienne très blonde et très célèbre? J'y campe une photographe branchée. Pas une fille mariée de force et excisée! Il était temps, car dans les rôles écrits pour les Noirs, on est souvent traité comme l'étrange étranger, dans ses pratiques douteuses. J'ose croire en ma bonne étoile? " Nous, on y croit en tout cas.
Née d'un père Malien et d'une mère Sénégalaise, Aïssa Maïga s'installe avec sa famille en France alors qu'elle a quatre ans. Passionnée théâtre à l'adolescence, elle débute dans une comédie musicale qu'elle tourne pendant trois ans mais très vite son désir de devenir actrice bute avec les "non" des directeurs de castinq qui ne la retiennent jamais. C'est alors qu' "un jeune acteur, voyant mon désespoir, m'a conseillé d'aller voir un agent. Ce jeune acteur, c'était Gad Elmaleh (inconnu à l'époque). Grâce à cet agent, j'ai démarré les castings. Le premier, c'était pour Saraka-Bô de Denis Amar. J'ai eu le rôle, et tout a démarré. " C'etait en 1997. Depuis, Aïssa Maïga tourne avec la crème de la crème comme sous la direction de Claude Berri dans L'Un reste, l'autre part (2005) ou la petite amie d'un Romain Duris maladroit dans la comédie à succés Les Poupées russes suite de L'Auberge Espagnole signé Cédric Klapisch. Le cinéma international la sollicite également: les italiens pour le charnel Bianco y nero et l'austro-allemand Michael Haneke pour le thriller Caché. Les cineastes africains aussi : le mauritanien Abderrahmane Sissako fait appel à elle pour Bamako (2006) où a prestation de chanteuse de bar vivant sous la coupe d'un homme violent est saluée par la critique. Elle gagne une nomination au César du Meilleur espoir féminin. Mais il ya longtemps qu'Aissa Maiga est plus qu'un espoir, c'est une actrice confirmée, une référence à part entière.
Et elle n'arrête plus de tourner. apparaît dans le drame d'action Les Insoumis deClaude-Michel Rome en 2008 avant de retrouver une belle mère déjantée et imposante en Nathalie Baye dans la comédie Ensemble c'est trop, ou aux cotés d'Alain Chabat dans Prete moi ta main ou encore la femme de Benoit Magimel dans L'avocat
Malgré son succés Aissa Maiga sait que sa couleur de peau peut constituer un frein: "C'est plus difficile pour une comédienne noire de tourner. Mais les choses commencent à changer. J'ose espérer qu'on ne va plus nous proposer que des rôles clichés (racistes et sexistes, ça va souvent ensemble). J'ose espérer qu'on va de plus en plus nous proposer tous types de rôles, sans caractère ethnique réducteur. J'ose espérer aussi que les fictions françaises vont de plus en plus traiter de l'histoire commune de ce pays avec ses anciennes colonies. Bref, j'ose espérer que la France va vraiment devenir ce qu'elle est : un pays multiethnique. " Et nous on espère la voir plus.


Fatou Ndiaye, la challenger


Fatou Ndiaye est une actrice qui a réussit l'exploit de réunir des millions de téléspecteurs pour son tout premier rôle dans un téléfilm qui a eu un succés phénoménal 'Fatou la malienne' . Un téléfilm qui traitait de mariage forcé dans une famille d'origine malienne vivant en France. Ce qui évidemment n'était pas pour plaire à la dite communauté qui refusait qu'il y ait un quelconque amalgame entre cette pratique et la culture malienne en général. Quoi qu'il en soit, on aurait pu lui prédire une superbe carrière en France juste après ce merveilleux coup d'essai mais c'est plutot le cinéma étranger qui lui a fait les yeux doux.
Fatou N'diaye et Murielle Robin dans le téléfilm Passage du désir qui sera diffusé le 3 février 2012 sur France 2.
Elle s'est illustrée dans le cinéma d'Afrique de l'Ouest en tournant en Guinée Bissau dans la comédie musicale ou plutôt le conte musical Nha Fala de Flora Gomes en 2002 .
Tropiques Amers
Elle a joué sous la direction du réalisateur canadien Robert Fabreau le role d'une jeune serveuse rwandaise vivant une histoire d'amour avec un blanc, un fait mal vu, et très vite confrontée au génocide dans Un dimanche à Kigali et a été récompensée par le prix de la meilleure actrice au Festival de Marrakech pour ce role en 2006. Mais également dans The Front line aux cotés de David Gleeson la même année.



Et depuis on la retrouve sur TF1 pour des téléfilms comme Victor Sauvage ou mieux encore pour France 3 dans la mini série réussie sur l'esclavage Tropiques amers qui a rencontré un joli succés. Elle y incarne une esclave insoumise.
Coté cinéma, c'est dans un thriller franco-africain "Un pas en avant-les dessous de la corruption" qu'on la retrouve enfin sur grand écran. Sorti en 2009, le film a été redistribué en 2011  mais avant cela elle était sublime dans Aide toi et le ciel t'aidera de Francois Dupeyron aux cotés de la merveilleuse Felicite Wouassi.
Felicite Wouassi,  la battante 
D'origine camérounaise, Felicite Wouassi n'a pas arrété de tourner depuis le fameux Black Mic mac de 1986 avec une de ses répliques cultes: -Etes vous congolaise? -Comment ca congolaise, ai-je un accent belge?... Un régal!
Felicite est une actrice et une femme qui en veut. Son vécu lui permet d'afficher une force qui transparaît dans la plupart de ses roles. On peut dire qu'elle fait partie des actrices fétiches de Mathieu Kassovitz puisqu'il la fait tourner dans Métisse en 1993, la haine en 1994, Assassins en 1996. Elle est tellement passionnée et charismatqiue que les plus grands du cinéma d'ici ou d'ailleurs se l'arrachent: Alain Tanner pour le Journal de Iady M, idrissa Ouedraogo le maitre du cinéma d'Afrique pour le Cri du Coeur en 94, Oumar Sissoko dans Battu en 2000 et Josiane Balasko la dirige en 2008 dans Cliente.
On s'étonne qu'elle ne tourne pas plus, et cette situation touche réellement l'actrice qui est sensible aux combats que mène chaque femme pour exister comme en témoignait ses larmes sur le plateau d'une émission de cinema de canal ci dessous.


Firmine Richarde, la figure de proue antillaise 
Firmine Richard c'est l'actrice noire francaise que l'on voit beaucoup sans pouvoir poser un nom sur elle. Les cinéphiles la connaissent parfaitement pour son parcours prestigieux et ses partenaires tout aussi géniaux comme Daniel Auteuil avec qui elle a débuté en 1988 à l'age de 40ans dans Romuald et Juliette. Elle y intreprétait la bonne qui finit par s'entichait du patron et réciproquement. 
A l'époque elle était loin de se destiner au métier d'actrice et travaillait à la RATP avant qu'on ne la remarque dans un restaurant. 
Depuis que de beaux films: 8 femmes de Francois Ozon, Ensemble c'est tout de Claude Berri,  la disparue de Deauville de Sophie Marceau, et d'autres encore en tournant parfois deux ou trois film une même année. Souvent choisie pour des roles secondaires, elle témoigne d'une vraie capacité à se fondre dans son personnage et à jouer des roles de composition. Le succés inattendu en salle de la comédie 100% noire en 2008 de Lucien Jean Baptiste en 2008 la remis au gout du jour car depuis elle a tourné dans plus de 6 films sans parler de ses roles à la télé et au théatre.




Pour les actrices dans les films africains se référer au billet sur le cinéma africain.



3 commentaires:

  1. un article extraordinaire! Merci pour ce très beau travail!
    Claire Simba

    RépondreSupprimer
  2. tout a fait d' accord, il faut que nos sœurs se battent

    RépondreSupprimer
  3. Bel article très complet!

    RépondreSupprimer

Share It

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...