jeudi 29 septembre 2011

Mode blanche, modèles noirs.

La reine de la mode, le top model soudanais Alek Wek, a su redéfinir 
les critères de beauté imposés 
par sa seule grâce.
 Mode: où sont les noires?


La mode...qu'est ce que c'est? Au pire, une industrie qui dicte à ses victimes la manière de se vêtir à une période donnée, à un endroit donné. Qui décrète ce qui est IN et ce qui est OUT. Qui mesure ce qui en vogue avec le moment et ce qui est à contre-courant du mouvement. Qui préconise ce à quoi il faut ressembler et ce à quoi il ne faudrait surtout pas ressembler.Une vision du paraître vestimentaire qui va au delà de la simple nécessité et touche au narcissisme ou à l'estime de soi.


L'éthiopienne Liya Kebede
 Au mieux, une source infinie d'inspiration. Un monde de créativité, d'originalité, d'imitation, de renouvellement. Une libération créatrice de la femme qui peut enfin s'affirmer à travers ce qu'elle aime:  le tailleur chez YSL, le pantalon chez Coco Chanel, les mini jupes chez l'anglaise Mary Kant. Un savoir-faire qui mène au faire-savoir. Faire savoir quoi? La meilleure manière d'appliquer les tendances de consommation. A qui? Voici le problème.
Dans un monde noyé par la mondialisation et submergé par la culture de masse, les sociétés de consommation axées sur l'apparence et l’éphémère imposent leurs lois. La mode se présente dans ce contexte comme une référence incontournable et un phénomène social. Elle déploie son influence à travers les médias principalement les magazines et Internet mais aussi la rue. C'est ainsi qu'un grand nombre de personnes et en particulier les femmes y voient comme un maître à penser. Et un véritable formatage s'opère quant au profil à adopter. Parce que, qui dit mode, dit diktats. Il faut donc être en phase avec l'oeil du maître. 

 Ataui Deng et Ajak Deng, ne sont
pas soeurs mais appartiennent bien à la même famille
des top models à succès
D'une part, il ya la dictature de la minceur et de la jeunesse qui pousse les femmes à être en lutte perpétuelle contre elles-mêmes et, par extension, contre la nature. De l'autre, l'hégémonie de la beauté occidentale ou occidentalisée qui encourage l'uniformisation et la réduction des critères de beautés. Il n'existe dès lors qu'un seul type de référence esthétique: la beauté blanche. Symbolisée par le mythe de la blonde aux yeux bleus. Tout le reste est hors circuit.
Et sur ce dernier point, beaucoup de femmes non blanches se sentent obliger de se plier aux exigences esthétiques du dominant Blanc. Conséquences? Les asiatiques se débrident les yeux, se font allonger les jambes et se blanchissent la peau; les africaines noires se défrisent les cheveux, mettent des perruques ou extensions lisses et s'éclaircissent la peau; les femmes arabes se font refaire le nez et se teignent ou se lissent les cheveux... La mode est blanche, le monde emprunte sa couleur. De même, ses ambassadrices prolongent cette vision d'un monde unique tournant autour du monde occidental vu par l'occidental, au détriment d'une diversité multiculturelle. La mode est vraisemblablement une photographie de la suprématie blanche.
La sénégalaise Kewe Mar
Ainsi les mannequins et autres top models ont-elles beaucoup contribué, malgré elles, à poser les normes de beautés. Elles affichent toutes des allures et mensurations idéalisées. Et on retrouve toujours le même type de femmes: très grandes, très minces, très...blanches. En effet, le manque de diversité est criard. Autant dans les caractéristiques physiques que dans les origines des mannequins.
La nigériane Oluchi Onweagba n'a rien à envier à ses copines égéries superstars de Victoria secret de g à d: l'allemande Heidi Klum et les brésiliennes Gisele Bundchen, Adriana Lima et Alessandra ambrosio



Dans ce cadre, les mannequins noirs luttent toujours pour trouver leur place et dans certains cas font encore figures d'exception. Beaucoup de stylistes rechignent encore à les faire défiler, les magazines optent pour le tout-blanc et les agences de mode restent frileuses à recruter des beautés ébènes. Plusieurs prétextes sont évoqués pour justifier ce choix discriminant.

Les mannequins noirs ne feraient pas vendre, que ce soit en couverture de magazine qu'à l'intérieur des pages de ces mêmes magazines. Les femmes occidentales auraient du mal à se retrouver dans des égéries noires. Ou alors les femmes noires n'ont pas toujours un physique adapté aux créations vestimentaires: elles seraient trop callipyges pour porter certaines tenues. Ou encore elles ne correspondraient pas à l'image de certaines maisons de mode et à sa clientèle, ou à certains magazines et à leurs lecteurs. Ou tout simplement une question de goût, de choix esthétique.

Pour autant la mode ne saurait appartenir qu'à un seul monde socio-culturel. Toutes les femmes indépendamment de leurs origines peuvent y porter un intérêt et participer à son essor. De nombreuses femmes noires africaines, afro-américaines, latinas ou antillaises s'avèrent être de réelles consommatrices de mode ou de luxe même quand elles n'y trouvent pas de référents physiques. Donc les arguments contraires ne sont que de purs prétextes discriminants d'un monde qui se veut homogène. Les clientes du luxe, de la mode et de la beauté ainsi que les lectrices des magazines féminins sont beaucoup plus diverses et ouvertes d'esprit que les lignes éditoriales ne voudraient le faire croire.
L'afro-américaine Diandra Forrest: la beauté noire à la peau blanche.
Les beautés ébènes au pays du Roi Pelé: exclusion sociale.

La brésilienne Rojane Fradique
Ce cas de figure s'étend au-delà des frontières de l'occident pour atteindre des pays à la culture et aux populations métissées comme le Brésil. On y note un manque frappant de représentativité de certaines franges de la population méprisées par la mode et les médias. Le Brésil connu pour son multiculturalisme suit visiblement l'exemple européen avec des podiums qui sont loin de refléter la diversité culturelle. Par conséquent, en 2010 la Sao Paulo Fashion week avec ses 40 couturiers, s'est vu imposer un quota de 10% de modèles noirs, métis ou indiens. Cette décision a été prise sous la pression des mannequins  noirs et de la justice, saisie après le déroulement d'une Fashion week précédente où seuls 8 des 344 mannequins sélectionnés étaient noirs selon le telegraph.com. Un constat consternant dans un pays où 49% de la population est noire ou métisse. En outre, la majorité des mannequins blancs retenus étaient plus d'un type europeen, blondes aux yeux bleus, que typiquement latinos. Cette configuration traduit un problème plus profond qui touche au coeur même d'une société brésilienne aux inégalités sociales notoires. 
"L'industrie est beaucoup moins ouverte aux filles noires, déclare Rafaela Favero mannequin brésilienne de 19 ans à BBC News. "Mais je me demande si c'est uniquement parce qu'on est noire. Aux yeux de la société, on est différente, on représente un type de beauté différent avec nos cheveux crépus, nos corps sculptés différemment ..."
La majorité des agences n'engage que des filles blanches et comptent seulement 2% de mannequins noirs. Celles-ci évoquent la chance, le hasard et parfois le piston pour expliquer leurs rares opportunités de travail.

La brésilienne Dara Morinho
Le directeur d'une agence promouvant les mannequins afro-brésiliens explique que la discrimination basée sur la couleur de peau est très forte:

"Les rares mannequins et tops models noirs qui réussissent à obtenir un contrat avec une agence sont toujours confrontés à certains obstacles. Elles ont moins accés aux castings, sont moins bien rémunérées que les mannequins blancs, sont moins mises en avant, et vivent dans une sorte de sous-monde parce qu'on leur offre moins d'opportunités."

La plupart des grands stylistes brésiliens affirment néanmoins qu'il n'y a aucune volonté délibérée d'exclure les femmes noires et insistent sur le fait que le monde de la mode dépeint le vrai visage la société. Il n'y aurait en conclusion rien d'étonnant dans les couloirs de la mode.
Dudu Bertholini, le styliste de la marque Cori, qui n'a fait défilé aucun top model noir à l'ouverture du show est catégorique sur le sujet: "Si le mannequin a tout ce qu'il faut, peu importe si elle est noire ou blanche. La beauté et le talent importent plus que la couleur. Je ne dis pas non aux mannequins noirs, j'aime les mannequins noirs. Mais je ne les ai pas sollicité parce que c'est une question d'envie, de goût et non parce que j'aurai eu quelques préjugés que ce soit à travailler avec elles." dit-il à BBC News.



Et à propos des mannequins noirs qui clament leurs difficultés dans le milieu et leur quasi-impossibilité d'avoir une chance de participer à la Sao Paulo Fashion Week. Il répond:
"Vraiment? Mais sont-elles de bons mannequins? Sont-elles grandes? Sont-elles assez belles et qualifiées?"
Les seuls noirs engagés lors de cet évènement étaient pour la plupart dans l'ombre, derrière les décors, parmi les ouvriers. Sur le sujet, la journaliste de mode Erika Palomino ne mâche pas ses mots : "Les gens de l'industrie de la mode peuvent être parfois très très stupides et très conservateurs et ne comprennent les choses que de manière tardive. Ce serait merveilleux de voir des mannequins noirs sur les podiums."


Cette rareté des modèles noirs est l'indicateur d'une société confrontée à l'exclusion sociale sur une base 'raciale'. Paulo Borges, promoteur de la Sao Paulo Fashion week déclare à BBC News"Je pense que la mode fonctionne avec un large éventail de profils et un large éventail de qualités esthétiques. Il y a bien quelques mannequins noirs qui participent au show. Elles ne sont pas plus nombreuses parce qu'à mon avis l'histoire des noirs du Brésil implique que les noirs doivent encore faire face à l'exclusion."
 
Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir? Caricature, préjugés et discrimination.

La somalienne Fatima Siad découverte dans l'émission American Next
Top Model de Tyra Banks
Autre fait déroutant, dans un tout autre contexte, un symbole mondial de la mode à savoir le magazine emblématique Vogue a provoqué beaucoup d'émoi et de réactions négatives en publiant une série de photos que certains ont qualifié d'insultant. Ils ont en effet pris le parti de peindre en noir un mannequin blanc plutôt que d'économiser des seaux de peintures en employant un ou de superbes mannequins noirs. Ce n'est pas la première fois que ce genre d'ébauche se produit. D'autres marques qui se veulent multiculturelles comme L'Oreal ont également été accusées de blanchir certaines de ses égéries noires à grand renfort de photoshop et d'occidentaliser toutes les autres égéries asiatiques et noires. Même s'il y a sans doute une démarche artistique derrière ces figures grimées, cela renvoie au tristement célèbre spectacle, pitoyable de racisme et de préjugés du "Jump Jim Crow" caricaturant le nègre.
La jamaïcaine Gaye Mcdonald
Aucun argument ne saurait justifier le manque de représentativité des femmes noires dans les magazines, les campagnes, les défilés, les agences et le milieu de la mode. Une discrimination quelle qu'elle soit représente toujours un préjudice. 
Les femmes noires souffrent également d'une image très peu positive, indissociable de l'histoire non pas avec un grand H mais avec sa grande hache comme dit l'autre. En France, les femmes et hommes noirs renvoient à l'immigration, à une certaine catégorie sociale, aux banlieues. Les personnes noires rencontrent souvent des difficultés à l'emploi même si de plus en plus d'entreprises s'engagent en signant une charte de la diversité à employer des personnes d'origine arc en ciel. Les agences et les maisons de hautes coutures françaises ne dérogent pas à la règle et préfèrent en général travailler avec quelques mannequins noirs qui ont déjà un nom à l'étranger. Très peu de jeunes filles noires arrivent à démarrer leur carrière dans la ville des lumières. La vérité est ailleurs:... en Italie ou aux Etats-Unis où les opportunités sont plus nombreuses.
Le plus étrange c'est qu'aux Etats-Unis, beaucoup d'afro-américaines disent également être moins sollicitées que leurs collègues blondes ou africaines, antillaises et latinas. Même problème: les afro-américaines renvoient aux ghettos et à une catégorie sociale inférieure. On leur préfère des femmes plus...exotiques. Ceci dit, elles obtiennent largement plus de contrats dans leurs pays que les françaises noires en France.
Les jamaicaines Gaye Mcdonald et Jaunel Mckenzie


 Les soudanaises à la conquête des podiums australiens.

Ataui Deng, nièce d'Alek Wek, en passe de devenir aussi connue et reconnue que sa célèbre tante.
En Australie, pour continuer le tour du monde, il y a une véritable vague de mannequins africains et soudanais en particulier qui provoque une remarquable révolution sur les podiums et dans les esprits. Si certaines agences n'hésitent toujours pas à déclarer qu'elles ne travaillent pas avec des mannequins noirs, les castings sont de plus en plus hétérogènes.
La directrice du L'Oréal Melbourne Fashion festival loue ce changement dans The age.com: "Je vois beaucoup plus d'africaine maintenant dans les castings. Pendant longtemps ces filles ont été ignorées, mises de côté, même pour des prétextes d'ordre pratique comme les cheveux et le maquillage. Beaucoup d'africaines ont les cheveux très courts, crépus, coupés ras alors que les stylistes dans leur collection recherchent souvent que des filles aux cheveux longs. Mais on voit un réel changement. De plus en plus de stylistes sont enclins à varier les styles, les looks...et ils réalisent désormais la différence, la réelle valeur ajoutée que c'est d'avoir des mannequins d'origine africaine dans un show. Je veux dire, elles sont magnifiques"
La nouvelle reine des podiums la soudanaise Ajak Deng
Stephen Bucknall de l'agence australienne FRM Model Management qui a lancé Ajak Deng, la nouvelle reine soudanaise des podiums, a engagé 15 jeunes femmes et 5 jeunes hommes d'origine  africaine en une année et ouvert un site dédié aux mannequins asiatiques et africains. "Ces dernières années, j'ai engagé beaucoup de jeunes femmes soudanaises et éthiopiennes venues vers moi pour travailler dans le mannequinat. Jusque là, j'en comptais juste une ou deux dans mes books car il n'y avait pas beaucoup de demandes sur la marché.  Mais maintenant les choses changent peu à peu. De plus en plus de personnes veulent voir des africaines lors des fashions shows, dans les éditoriaux et même occasionnellement pour les publicités télévisées. Ce qui est tout à fait normal. L'Australie est devenu un pays multiculturel et la communauté africaine grandit constamment, et cela doit se refléter dans nos magazines et nos écrans télés."

Le manque criard de représentativité des mannequins noirs sur les couvertures de magazines et sur les podiums a déclenché beaucoup de protestations et d'indignation de part et d'autre. L'affiche de mode trop blanche pas assez diverse ne saurait être acceptable. En réponse, le Vogue italien a pris l'initiative et, avec succès, de ne choisir que des mannequins noirs pour son numéro de juillet 2009, et créé un site consacré aux mannequins et acteurs noirs de la mode. La même année la styliste Sophie Theallet a présenté un casting entier de top models noirs pour ses débuts aux New York runway show. Des publications comme Arise travaillent également beaucoup à la promotion des mannequins noirs. En France, le magazine populaire Femmes actuelles a consacré deux hors séries aux beautés noires. Signe d'une nouvelle ère plus ouverte?

L'éthiopienne Yasmin Warsame, une beauté dite
trop "Couture". 
On peut également  remarquer aujourd'hui une formidable diversité dans le choix des mannequins africains et de la diaspora qui présentent désormais différents looks et différentes carnations. 
"Quand vous voyez quelqu'un qui a le même teint ou la même couleur que vous et qui vous représente, ça a quelque chose de rassurant, vous êtes tout de suite mieux dans votre peau. Vous êtes alors en harmonie avec la personne que vous êtes, avec votre beauté, et vous ne vous sentez pas différent." déclare Marina Vasili jeune mannequin soudanais de 22ans à The age.com. 
La soudanaise Atong Arjok, que l'on compare souvent à Alek Wek.
La diversité de la beauté noire est mise à l'honneur.
Naomi Sims: la première Noire de l'histoire de la mode.

Andy Warhol et sa muse Naomi Sims
Naomi Sims, Premier top model noir
Celle qui va ouvrir la voie aux femmes noires dans le mannequinat et qui est citée comme étant le premier mannequin noir de l'histoire de la mode est l'afro-américaine Naomi Sims. C'est dans un climat de ségrégation raciale qu'elle démarre sa carrière dans les années 60 au pays de l'oncle Obama. Elle n'a que 19 ans quand elle pose pour des illustrateurs afin de financer ses études de couture. Elle se fait très vite remarquer pour son élégance naturelle, sa personnalité enjouée et sa beauté incomparable. Elle est alors choisie pour faire la couverture du Fashion of Times, le supplément mode du New York Times. Sa carrière est propulsée. La très grande agence Ford la sollicite alors et lui propose un contrat en or. C'est aussi la première femme noire à faire la couverture du magazine Life en 1969. Elle est parmi les premiers à avoir créé des lignes de cosmétiques pour femmes noires et métissées et écrit plusieurs livres autour de la beauté et du mannequinat. Elle a également inspiré les plus grands noms de l'art de Andy Warhol à Salvador Dali. Elle s'est éteinte à l'âge de 61ans d'un cancer du sein en 2009.


Il était une fois Naomi Campbell...


Cependant le top model noir le plus connu reste incontestablement Naomi Campbell. Nul besoin de s'intéresser à la mode pour savoir de qui il s'agit. Naomi a su se faire un nom dans un milieu voué aux grandes blondes et est parvenu à leur faire de l'ombre. Son nom est toujours une référence au delà des clivages de couleurs quand beaucoup d'autres sont tombées dans les oubliettes. Naomi fait partie des top models qui ont marqué et marque toujours l'histoire de la mode. Avec elle, le mannequin ne prend plus sa retraite à 30 ans, elle défie le temps et les lois de la mode.
Naomi Campbell
Naomi appartient au club très fermé des mannequins qui ont propulsé le statut de top model à celui de super model. C'était dans les années 90 et les tops models étaient autant sinon plus célèbres et célébrés que les créateurs. De véritables mythes. Elles arrivaient même à surpasser les vedettes du cinéma et de la musique. Les médias se contentaient de les désigner par leur prénom: Naomi, Claudia, Eva, Cindy, Kate, Linda, Carla, Elle. Mais à l'époque, c'était la seule femme noire qui arrivaient à accaparer l'intéret des médias et de la mode. Il y avait également Tyra Banks. Mais pour Naomi, il n'était pas question de partager la vedette avec sa grande rivale.
Naomi Campbell et la relève...l'afro-coréenne Iman Chanel
D'origine jamaïquaine mais aussi chinoise du côté de son père, cette très célèbre britannique démarre sa carrière au côté d'un chanteur non moins fameux, un dénommé Bob Marley. Elle n'a en effet que sept ans quand elle fait une petite apparition dans le clip Is this love. Mais c'est à 15 ans qu'elle se fait remarquer dans la rue et signe avec l'agence Elite. S'en suivent de nombreuses sollicitations haut de gamme dont la couverture du Elle britannique alors qu'elle se destinait à une carrière de danseuse étoile. A 16 ans, elle devient le deuxième mannequin noir à faire la couverture du Vogue Britannique après Donyale Luna. En tout, elle fera plus de 500 couvertures de magazines dont le Time (Europe) et le Vogue Paris dont elle est le premier top model noir à faire les couvertures. Et pour l'anecdote, c'est sous l'impulsion de Yves Saint Laurent et ses menaces de retirer ses insertions publicitaires au magazine Vogue, que Naomi aura l'honneur d'en faire la couverture. Elle est également apparue dans le clip très glamour In the closet de et aux côtés de Michael Jackson. La grande Naomi n’apparaît pas dans n'importe quel clip, elle a des goûts très exigents, à sa hauteur! Les plus grands photographes se la disputent toujours mais également les plus grandes stars qui tomberont une à une vite sous ses griffes: Robert de Niro, Mike Tyson, feu John Kennedy Jr, Eric Clapton, Usher, Stallone et la liste est longue. 


Who run the world?

Naomi, surnommée la panthère noire, est aussi reconnue et connue pour son éclatante beauté que pour ses éclats de colère. Elle a régulièrement fait la une des magazines à scandales pour sa proportion à distribuer des coups de poings et autres objets à quiconque la contrarie. Sa réputation a également été entachée par ses problèmes passés avec la drogue et l'alcool mais aussi pour avoir été impliquée dans une histoire de diamants sales du Libéria. Charles Taylor ex président sanguinaire lui aurait offert un énorme diamant à l'époque de son règne. A 40 ans passé, elle est toujours autant prisée par la mode au point d'encourager ses célèbres copines des années 90 à revenir sur le devant de la scène pour mieux éclipser les plus jeunes. Elle et ses collègues des 90's sont indémodables car elles ont donner au métier de mannequin ses lettres de noblesse.

Malgré sa fabuleuse carrière, Naomi reste insatisfaite de la place de la femme noire dans la mode. Elle a fustigé l'édition britannique de Vogue qui, selon elle, ne valorise pas suffisamment les femmes noires:
"Seuls des mannequins blancs, qui pour la plupart ne sont pas aussi renommés que moi apparaissent dans les premières pages. Je ne veux pas quitter le mannequinat sans que les mannequins noirs aient la même renommée, et la même reconnaissance par les médias du monde, et les outils d’information. Il y a un préjudice. C’est un problème sur lequel je ne peux plus passer sous silence en le mettant sous le tapis. Ce business consiste à vendre, et les filles blondes aux yeux bleues sont ce qui se vend. Les mannequins noirs sont mises de côté par les agences de mannequinat. C’est triste que les gens n’apprécient pas la beauté noire".
Miracle! Naomi au naturel.
Les mauvaises langues se moquent de son utilisation abusive des perruques et extensions qui lui valent aujourd'hui d'avoir les tempes complètement dégarnies. Et ceci, au plus grand bonheur des journaux à scandales qui ne ratent pas l'occasion de publier des photos d'elles sous un mauvais jour. Certains spécialistes de la beauté vont même jusqu'à dire qu'elle a batti sa carrière sur des artifices. Mais les professionnels qui l'ont côtoyé affirment que même au naturel Naomi reste captivante. Et son corps est toujours sculpté à merveille. Sa place n'a pas été usurpée. Naomi est une référence de beauté pour de nombreuses femmes noires à travers le monde. C'est l'une des plus connues. Cependant, elle n'est plus la seule. 

Yves Saint Laurent, où l'amoureux de la beauté d'ailleurs.

Parmi les grands noms de la mode qui ont largement contribué à valoriser la femme noire dans les créations et les médias, il y a Yves Saint Laurent. Ci-dessous avec l'une de ses muses: la guinéo-sénégalaise feu Katoucha surnommée la Princesse Peulh.




Amoureux des beautés du monde, il mettra en avant de nombreux mannequins noirs de diverses origines dans son travail. Elles seront même au centre de certaines de ses créations. Son rôle est considérable dans la promotion de la diversité dans la mode.

YSL entourée de ses égéries ébènes.
En 1967, il choisit de dédier toute une collection  à l'art africain avec des robes pour princesses nubiennes des temps modernes qu'il appelera "Bambara". Une collection qui traduisait une autre idée du luxe, plus libre, affichant la richesse de ce qu'il appelait le "monde à nous". Il fallait, pour cela, aller vers une beauté totalement affranchie de la norme tant sur le fond que sur la forme. Son désir était de créer un métissage des sens loin des clichés exotiques. Pour ce faire, il fit appel aux  mannequins noirs. YSL cherchait à travers elle une manière de bouger nouvelle, moderne. Un geste esthétique qu'elles incarnaient parfaitement : "Elles possèdent pour moi ce qu'il y a de plus magique chez une femme. Le mystère. Pas le vieux mystère des femmes fatales, mais le mystère dynamique d'une femme d'aujourd'hui." Dans la même lancée, toujours inspirée par les africaines, il lança le "Safari Look" avec la fameuse "Saharienne". Il accordait une grande place aux femmes noires dans son coeur et dans son travail. Elles n'hésitaient d'ailleurs plus à venir le solliciter directement plutôt que de passer par des agences. La classe ultime!
L'afro-américaine Damaris Lewis
Cependant, YSL n'est pas le premier à avoir ouvert la porte aux beautés noires. Selon le site prestigium.com citant des extraits de "Top Model", ouvrage de référence de Michael Gross sur l’histoire du mannequinat publié en 1995, Paco Rabanne fut le premier en Europe à faire appel aux mannequins noirs en 1964. "Avant cette première collection, mes confrères couturiers étaient très frileux" confie Rabanne à Prestigium. "Il y avait cet interdit : pas de femmes de couleur – La Haute Couture étant réservée aux blanches. La Haute Couture française se voulant internationale, j’ai estimé que, pour ma première collection, il me fallait prendre des femmes de toute la planète – de toute ethnie ».

Oleg Cassini, l'émigré d’origine russe qui imagina plus de 300 robes pour Jacqueline Kennedy, employa également beaucoup de Noires dans les années 50, mais peu de personnes s'en souviennent. Pauline Trigère, une Française qui fit sa carrière à New York, a également engagé des mannequins noirs en 1961.  A ce propos, Valérie Steele grande historienne new yorkaise fera remarquer que seul les créateurs non américains vivant aux Etats Unis étaient enclins à la diversité à l'époque de la ségrégation: "Les Américains sont moins ouverts que les Européens en ce qui concerne les questions de race ».


Tyra Banks...Beauté, gloire et photoshop.

La californienne Tyra Banks, célèbre Covergirl.
Parmi les premiers mannequins noirs qui ont eu la chance d'être médiatisées, les spécialistes déploraient qu'un seul type de femmes soit mise en avant: celles qui restaient proches des canons occidentaux. Les femmes plus foncées ou plus naturelles trouvaient difficilement leur place. Tyra Banks ancienne grande rivale de Naomi Campbell (dans les 90'S Naomi refusait de défiler ou de poser à ses côtés!), reconvertit avec succès dans l'audiovisuel, a elle-même reconnu dans son show télévisé avoir inconsciemment participé à mettre en avant une image de la beauté noire plus en phase avec le standard occidental prédominant au détriment des beautés dites "typées". Elle déclara en substance "Ma peau et mes yeux clairs ainsi que mes cheveux longs et lisses, ont, il faut l'avouer, pousser de nombreuses femmes noires à croire que pour être belles, il fallait embrasser ces critères. J'ai sans le vouloir participé à construire une nouvelle norme de beauté noire plus occidentale". A ses débuts, elle affirmait même ne pas assumer s'afficher avec ses cheveux naturels même devant son fiancé. Le cheveu crépu torturé par des lissages, défrisages, camouflages, est un problème existentiel pour les femmes noires. Un problème qui reste plus profond qu'on ne pourrait le croire. Il traduit une véritable blessure esthétique qui vient des longues campagnes d'aliénation et de dénigrement du nègre ayant servi à justifier l'esclavage et la colonisation. Pour y remédier, elle n'a pas hésité de manière médiatique à se débarrasser de ses extensions pour montrer au monde entier sa véritable chevelure et ainsi encourager les femmes noires à rester elle-même en combattant leurs complexes. Cette initiative a créé un énorme buzz sur internet. Elle n'avait également pas hésité à écorner son image de femme parfaite en brisant le tabou Photoshop. C'est l'une des rares premières à avoir avouer que la plupart des photos de magazines dont les siennes étaient retouchées. Son combat? Réconcilier les femmes avec leur image, les pousser à être plus tolérantes avec elles-mêmes. Il est rare qu'un grand Top model, symbole de la perfection, se mette ainsi à nu. Elle a également briser d'autres tabous comme celui d'aborder, toujours dans son show, le complexe du teint noir foncé face à la valorisation du teint plus clair ou métissé; celui du cheveu crépu face à la dictature du cheveu lisse. Et, incitait les femmes à aimer leurs rondeurs. D'ailleurs, ses courbes légendaires ont beaucoup contribué à son succès et à en faire l'égéries des plus grandes lignes de lingerie dont Victoria Secret. En outre, elle produit et présente l'émission american next top model qui a notamment permis à de nombreuses aspirantes mannequins noires à lancer leur carrière.
Mais celles qui ont réellement redéfinit  les critères en matière de beauté noire sont Grace Jones et Alek Wek. Avec elles, on est loin du mythe conventionnel de la beauté ou des traits occidentaux. Avec elles, le monde découvre que la beauté noire ne saurait être unique mais plurielle.

Grace Jones: icône des icônes.
 
Grace Jones et Andy Warhol
Grace Jones épate par son originalité. Un look mi-robot mi-femme, mi-femme mi-homme, mi-homme, mi-extraterrestre. Elle est insaisissable. Elle est indémodable. Son allure fascine. De l'extravagance, de la folie, des excès, de la liberté, de l’ambiguïté, de l'excentricité....les codes sont revus et corrigés. Le message? Oser! Qui a dit qu'un Top model devait avoir une image lisse, une beauté classique? La perfection n'existe pas, l'imperfection est libératrice et créatrice. Du haut de son mètre 80, elle sera la muse d'Andy Warhol et de Jean Paul Goude. Aujourd'hui, elle inspire encore de nombreux photographes qui empruntent sa fameuse coupe, son style, ses poses et les apposent à d'autres mannequins noirs le temps d'une séance. Le shooting look Grace Jones est quasiment devenu une étape obligatoire dans la carrière des débutantes mannequins noirs. Pourtant son allure spéciale lui a pourtant fermé certaines portes. Certains l'a trouvant physiquement trop agressives. 
Cela n'a pas été un frein. Grace Jones a marqué et marque toujours les esprits au même titre que Naomi Campbell. Lady Gaga l'imite d'ailleurs allègrement. Ce qui n'est pas pour plaire à la diva. Grace Jones est un chef -d'oeuvre unique!


Alek Wek, le renouveau des codes esthétiques.
La soudanaise Alek Wek, "diamant noir de la mode".
Alek Wek quant à elle est plus naturelle. Aucune femme noire n'avait été aussi frappante d'authenticité et de fraîcheur dans la mode. Son point fort? Son teint noir très foncé qui lui a valu de se faire remarquer et de se démarquer des autres. Quand le magazine Elle la choisit en 1997 pour sa couverture, ils prenaient ce que beaucoup de magazines considéraient comme un risque: une femme africaine au teint foncé sur la couverture d'un magazine, théoriquement, ce n'est pas envisageable ni vendeur. Mais le résultat fut monumental, les lecteurs hommes et femmes en extases réagirent aussitot en saluant ce basculement des standards de beauté de la mode. Le numéro se vendit comme des petits pains.
La célèbre journaliste Oprah Winfrey ira plus loin en lui déclarant dans son show: "Si tu avais été en couverture d'un magazine quand j'étais jeune, j'aurai surement eu une vision différente de la personne que je suis".



On avait jusqu'ici l'habitude de visages aux traits plus fins aux sens occidental de la beauté. Avec Alek, on découvre une beauté aux traits plus africains selon beaucoup de spécialistes. Mais qu'est ce que des traits plus africains? Un nez épaté? De grosses lèvres? Des cheveux courtes et crépus? Une peau d'un noir profond? Les peuples africains présentent une variété de caractéristiques esthétiques qu'on ne saurait réduire ou caricaturer à la manière Ya bon Banania. Alek représente une beauté moins célébrée mais tout aussi valable que celle d'une Noemie Lenoir ou d'une Liya Kebede.
Issue de la tribu Dinka du Soudan du Sud, Alek a fui la guerre civile à l'âge de 14ans pour rejoindre Londres ou quelques années plus tard, elle se fera remarquer pour sa grande taille, son légendaire teint ébène éclatant et son allure svelte. Le magazine I-D la nomme top model de la décennie et parmi les 50 visages du monde de la mode les plus influents et People parmi les 50 plus belles personnes dans une édition de 99. Elle s'implique dans de nombreuses causes socio-politiques notamment liées au Soudan et interpelle le monde parfois superficiel de la mode par sa culture, ses talents artistiques (elle excelle dans la peinture) et son intelligence. 
Elle s'étonne en outre de l'ignorance de certaines personnes qui du seul fait qu'elle soit noire, célèbre et top model, la confondent avec...Naomi Campbell. Simple méconnaissance, grande maladresse ou sommet de la bêtise humaine? Quoiqu'il en soit, Alek préfère en rire...jaune.

Si de nombreuses femmes ont été enchantées de pouvoir enfin admirer une femme comme Alek et se reconnaissent dans son physique, beaucoup ne se retrouvent pourtant pas dans cette égérie car trop habituées à suivre des profils plus classiques comme Naomi, Tyra, ou des beautés noires plus occidentalisées. Alek Wek ne fait pas l'unanimité car sa beauté est inhabituelle. Beaucoup ne comprennent pas son succès car formatés par les médias. Néanmoins, elle a merveilleusement brisé une conception trop réductrice et discriminante de la beauté et en est consciente. Elle exorte d'ailleurs les femmes noires à ne pas rejeter leur teint foncé et leur beauté naturelle.
Depuis, des dizaines d'autres Alek sont nées dans l'industrie de la mode. En effet, la mode fonctionne par... mode. Et les africaines, après les afro-américaines, ont aussi eu et ont toujours leur heure de gloire. lI ya eu le succès de la très majestueuse somalienne Iman qui a par la suite créé un fort intérêt dans le milieu pour les femmes somaliennes.


La Reine Iman, légende somalienne.

L'icone somalienne Iman

Iman Mohamed Abdulmajid dite Iman est un Top model et une femme d'affaire à la carrière fulgurante. Fille de diplomates somaliens, elle se fait remarquer à l'age de 20 ans par un grand photographe dans son université au Kenya. Un an plus tard, elle devient la muse des plus grands créateurs dont Gianni Versace, Calvin Klein, Donna Karan et YSL. Celui-ci déclare à son propos:"La femme de mes rêves, c'est Iman!". Les créateurs et photographes sont fascinées par sa beauté et son cou très long qui fait sa particularité. A ce sujet, elle est reconnaissante envers ses parents qui lui ont "donné un cou plus long que n'importe quel autre jeune fille, afin d'aller voir partout dans le monde". Elle a créé une ligne de cosmétiques pour peaux noires et métissées après avoir constaté les difficultés des maquilleurs à ses débuts pour trouver un fond de teint adapté à sa carnation. Il n'en existait pratiquement pas pour les peaux foncées. Coté vie privée, elle est la femme du célèbre chanteur et musicien aux yeux vairons David Bowie. Auparavant, elle s'était mariée à 18ans à un somalien avant de divorcer pour mieux conquérir la planète de la mode. Elle épousa par la suite le joueur de baseball Spencer Haywood de 78 à 87.

Iman
Beauté noire plurielle.


Egalement parmi les top models somaliens à succès, Waris Diris dont la vie bouleversante a été portée à l'écran dans le film tiré de sa biographie éponyme "Fleur du désert". Le célèbre top model et actrice éthiopienne Liya Kebede y interprétait son rôle. Waris est connue pour sa plastique sublime que pour sa lutte contre les mutilations sexuelles odnt elle a été victime.
L'éthiopienne Liya Kebede

Après la vague somalienne, ce fut autour des mannequins éthiopiens de conquérir le monde avec notamment Liya Kebede, Ubah Hassan, Yasmine Warsame ou Gelila Bekele et maintenant les soudanaises avec en tête Alek Wek et aujourd’hui Ajak Deng, Ataui Deng, Atong Arjok, Grace Bole et plein d'autres. Les autres femmes du continent ne sont pas en reste puisque l'Afrique semble être une véritable terre de recrutement: les sénégalaises (Feu Katoucha, Sadiya Gueye, Kewe Mar, Kinee Diouf, Aminata Niaria), les maliennes, mozambicaines, les zimbabweiennes, les nigériannes, les kenyannes etc
La jamaique est également très prisée depuis Grace Jones avec Jeineil Williams, Stacey Mckenzie, Gaye Mcdonald et d'autres qui font le bonheur des couturiers.
La nigériane Agbani Darego, première miss monde négro-africaine
 reconvertit dans le mannequinat.

Tomiko Fraser, Top model afro-américaine de plus de 40ans. Le temps a très peu
d'emprise sur la peau noire, c'est notoire! Et le dieu Photoshop n'y est pour rien,
la preuve par ses photos dans les évènements.
Ci-dessous quelques unes des coqueluches du moment...en espérant que le moment dure une éternité.
L'afro-coréenne Iman Chanel et la britannique Jourdan Dunn, les nouvelles stars des podiums
L'américano-porto-cubaino-dominicaine
Sessilee Lopez

La dominicaine Arlenis Sosa

Les dirigeants du monde de la mode semblent peu à peu découvrir la pluralité de la beauté noire qu'elle soit d'Afrique ou de la diaspora. 
L'américaine Simone Awor
La française Noemie Lenoir
Et les plus grandes marques de cosmétiques européennes ou américains réservent désormais des expertises aux peaux noires, en proposant des gammes pour peaux foncées conscients du pouvoir d'achat des femmes d'origine ou de descendance africaine. Les mannequins noirs font désormais parties intégrantes des campagnes de cosmétiques des plus grandes marques comme Arlenis Sosa pour Lancôme, Jessica White pour Gemey Maybelline, Damaris Lewis pour Yves Saint Laurent, Liya Kebede pour Estée Lauder pour ne citer qu'elles.
De nouveau la majestueuse soudanaise Ajak Deng, ancienne
réfugiée qui vit un véritable conte de fée. Elle est présente à tous les grands rendez-vous
de la mode internationale, de tous les défilés haute couture! 

Ici Paco Rabanne.
La martiniquaise Mélodie Monrose
L'afro-américaine Wakeema Hollis
L'américaine Jessica White, l'un des rares Top
models noirs à cumuler plusieurs

 contrats d'égéries
de grandes marques.
La métisse Chrishell Stubb des îles 
Turques-et-Caïques

Les premiers mannequins noirs à...:

La kenyanne Ajuma Nasenyana
Dans la série des pionnières, il est regrettable de toujours constater des exceptions concernant le travail des femmes noires dans la mode. Cela voudrait dire que les mentalités évoluent mais très lentement. Parmi celles citées comme les premiers mannequins noirs dans leur catégorie, il ya par exemple l'éthiopienne Liya Kebede, première égérie noire de la marque Estée Lauder en 2003; la sud-africaine Lerato Moloi, gagnante du concours de modèles Face of Africa, premier visage noir de la marque Elisabeth Arden en 2009; l'afro-américaine et coréenne Iman Chanel considérée comme la premier top model noir à défiler pour Gucci depuis la nomination de Tom Ford en 2005; la britannique Jourdan Dunn, premier top model noir à défiler pour Prada   en 2008 depuis Naomi Campell en 1997; l'afro-américaine Jessica White est la première femme noire à apparaître dans 3 éditions consécutives du célèbre magazine annuel Sports Illustrated, elle en est à plus de 5 apparitions à ce jour; l'israelienne Israela Avtau est, à 22ans aujourd'hui, le premier mannequin noir d'origine beta israel (juif d'Ethiopie péjorativement nommé Falashas)...

Encore quelques perles noires de la mode...


L'ougandaise Kiara Kabukuru

L'éthiopienne Ubah Hassan

L'ivoirienne Nina Keïta












La zimbabwéenne Nyasha Matonhodze
La rwandaise Honorine Uwera
La sud-africaine Lerato Moloi
La tanzanienne Herieth Paul


La sénégalaise Kinee Diouf
La burkinabè Georgie Badiel






La dominicaine Rose Cordero

La portoricaine Joan Smalls (Rodriguez)



















La nigérianne Tolula Adeyemi

La ghanaènne Kate Menson












La francaise d'origine Tchadienne et polonaise
Anais Mali

La jamaicaine Jeneil Williams
L'afro-américaine Lyndsey Scott

La sénégalaise Aminata Niaria












L'Afrique, c'est chic!


Du coté de l'Afrique, l'industrie titube encore un peu à cause du manque d'infrastructures. Mais le continent africain du Nord au Sud déborde de créateurs et autres couturiers ainsi que de mannequins venant de tout bord et participant à l'éclosion de ce secteur. Des évènements comme la fashion week de Dakar, le FIMA(festival international de la mode africaine), la Caravane Alphadi, les concours de modèles comme Face of Africa ou Elite Afrique travaillent à la promotion des mannequins et d'une mode africaine qui se veut authentique loin des tendances ethniques que l'on retrouve aujourd'hui en Europe et en Amérique."Aujourd’hui, l’Afrique devient à la mode. Alors, on rajoute quelques broderies sur un vêtement et on dit que c’est l’Afrique. Ce n’est pas honorable pour nous. L’Afrique n’est pas une mode, c’est notre réalité de tous les jours. Une réalité définitive et éternelle", explique le créateur nigérien Alphadi à Afrik.com.
Le créateur nigérien Aphadi et le mannequin sénégalais Felisha Faye Mendes

Sadiya Gueye ex-Top model sénégalais et muse de YSL, aujourd'hui
 créatrice de mode, également directrice
 d'un complexe à Dakar pour former les jeunes
au mannequinnat et métiers de la mode.
Les mannequins africains travaillant dans leurs pays d'origine gagnent, toutefois, beaucoup moins bien leur vie que leurs collègues au niveau international. De plus, le poids des traditions et religions pousse à un dénigrement des métiers liés à la mode souvent associés à la débauche et à l'homosexualité. 
Cela n'empêche pourtant pas de nombreuses jeunes filles africaines de vouloir suivre les pas d'une Naomi ou d'une Iman. Bonne route aux amazones!
Les soudanaises Ataui et Ajak.

10 commentaires:

  1. Fouillé et intéressant...

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  2. wow ça c'est un vrai post !!

    Merci de nous faire partager ça!

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  3. Mais qui es-tu donc?Que fais-tu dans la vie? Je viens de découvrir ton blog, et à chaque fois je suis bluffée par la qualité du travail de recherche fourni. Ce n'est pas possible, vous êtes plusieurs à tenir se blog ou quoi?Bravo en tout cas et merci pour ces articles

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    1. Merci beaucoup! Je suis vraiment très heureuse de susciter l'intérêt et l'enthousiasme des gens, mêmes les critiques négatives sont la bienvenue car le but d'un blog est d'établir un échange, de partager, d'avoir un retour des lecteurs. Et savoir que mon travail a un écho, ne peut être qu'encourageant! Je suis seule à tenir ce blog et donc à écrire mes articles avec tout le travail de documentation et d'iconographie qui va avec. Il m'est arrivé de prendre une semaine pour un seul article; je me le permets car j'aime travailler avec minutie, et sans contraintes ni formatage, d'où la longueur de mes articles. Dialika Sané, sénégalaise, journaliste (rédactrice, radio), aspirante auteure, rêveuse, moitié taupe, moitié oiseau de nuit ;)

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    2. Black is very Beuatiful....
      Je pense qu effectivement dommage que le Monde de la.mode n encourage pas noss beautés noires a enrichir cette belle Couleur au lieu de pousser ces femmes a eclaircir et donc deteriorer leur peau.
      La peau noir est tres Jolie Il faut juste apporter quelques soins pour enlever quelques boutons oú taches mais Surtout pas les blanchir cheres soeurs,cousines,cheries ....SVP

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  4. Merci beaucoup! Blog magnifique et très enrichissant;) je te souhaite bonne continuation

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  5. Bonjour et bravo pour ton blog, sœur de couleur, sœur de lectures, sœur d’impressions et sœur d’opinion.

    J’ai découvert ton blog aujourd’hui en voulant montrer à un collègue incrédule, têtu (et un peu inculte) que le cogito ergo sum était bien de Descartes.
    Je vais devoir remercier le dit collègue car il m’a permis de découvrir un bijou. Ce blog est une mine d’or alliant la précision de l’encyclopédie, la concision de l’article de presse et le lyrisme du roman. Oui ; Tout ça :-)

    Je vais tâcher de lire régulièrement ta prose et de partager.

    Je trouve ta plume acérée, efficace, précise, lyrique. Ne la change pour rien au monde 
    Une seul regret déjà : le dernier article date de juin 2014. J’espère que la plume ne restera pas trop longtemps dans le porte-plume :-)


    A te lire bientôt


    Michel Diarra


    Ps: comment s’abonner pour être informé des nouveaux articles ?

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    1. Merci beaucoup cher Michel Diarra! Je dois dire que ton commentaire m'a beaucoup fait plaisir! Contente que Descartes par l'intermédiaire de ton collègue t'ait conduit au blog ;)!
      Alors pour répondre à ta question, il faut suivre le blog en cliquant sur le bouton en haut a droite des abonnés, tu seras ainsi au fait des mises à jour. J'ai un peu négligé le blog n'ayant pas eu le temps de m'y consacrer pleinement. Mais je suis sur mon dernier article qui est assez éprouvant, il sera publié d'ici peu!

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