mercredi 7 mars 2012

Ode à la femme

Le droit à la vie: trop de femmes et d'enfants meurent pendant l'accouchement dans les pays
en voie de développement. La formation
des sages-femmes et l’accès à la santé participent de la construction d'une société.




Des fantômes bleus de Kaboul errant dans les ruelles de l'oppression talibanes, aux condamnées somaliennes noyées sous une pluie de pierres; des petites sénégalaises tranchées à vif au coeur de leur féminité, aux mères prisonnières camerounaises rayées de la société avec une seule visite annuelle de leurs enfants; des mères et grand-mères argentines de la place de Mai en quête de justice et paix des âmes des disparus, aux disparues mexicaines de Ciudad Juarez victimes du silence lâche de leur gouvernement; des filles indiennes éliminées à la naissance pour naître et n'être que filles, aux filles de joie nigérianes aux prises avec leur "mama" contraintes de vendre leurs corps aux étrangers et à l'étranger; des orphelines haïtiennes victimes de la colère de la terre, au calvaire quotidien des ouvrières chinoises dans les usines au cadre inhumain; des victimes de viols du Nord-kivu dont l'innocence et la dignité sont écrabouillées par l'incarnation de la barbarie, aux saoudiennes luttant pour le droit de se déplacer librement en voiture; des féministes ukrainiennes culottées et déculottées militant au péril de leur vie pour le respect des droits de la femme, aux révolutionnaires de la place Tahir ayant fait face aux multiples dangers de la foule et des autorités; des condamnées à mort aux pieds enchaînées dans les prisons macabres de Karthoum à celles qui le sont tout autant en Iran et sans procès équitable; des femmes souffrant d'un cancer du sein ici et là, à celles luttant pour nourrir leur familles d'ici et d'ailleurs; des femmes battues par leurs hommes d'un coin à l'autre, aux femmes abattues par la vie d'hier et d'aujourd'hui...


Les mères (et grand-mères)
de la Place de Mai (Argentine) luttant pour la justice et
la recherche des disparus victimes des dictatures de leur pays
.

Que de femmes en peine...Voilà sans doute pourquoi la journée du 8 mars empreinte une identité féminine. Une manière de tirer sur la sonnette d'alarme, de tirer des bilans et de tirer en plein dans le mille un problème immense qui ne saurait s'éterniser. A savoir l'incrimination, la discrimination et plus généralement la souffrance sociale des femmes... parce qu'elles sont femmes.  
Faire en sorte que les sociétés n'aient plus besoin de stigmatiser une personne en fonction de son sexe (ou de sa couleur, sa religion, sa sexualité, son groupe): que l'on ne l'infériorise ou ne la mette pas à la marge de la société du seul fait de son identité...une utopie?

Il est évident que cette journée du 8 mars, celle de la femme, ne saurait combler l'ampleur de la question féminine. En effet, le féminisme ou le problème de la condition féminine nécessite des jours et des jours de travaux et ne peut être universel. Chaque pays, chaque culture a ses spécificités qui imposent que l'on ne traite pas le sujet de la même manière. En l'occurrence, ouvrir et analyser des champs de réflexion selon les paramètres socio-culturels propre à chaque région pour mieux gagner en efficacité dans l'action et le changement. Une chose est sure: être femme est une opportunité à saisir et à vivre pleinement en dépit des nombreuses pressions sociales exercées de par et d'autre du monde.
Une première au monde: le Rwanda affiche une majorité de femmes
au parlement avec 45 sièges acquis pour elles sur 80.
Ni âge ni sexe pour apprendre
De même, comment ne pas saluer les progrès entrepris par les femmes pour les femmes dans tous les domaines. Celles qui oeuvrent pour le droit à l’alphabétisation, à l’instruction, au travail. Celles qui se battent pour le respect de leurs droits. Celles qui luttent pour l’abolition des violences coutumières. Celle qui osent braver les interdits. Celles qui s'engagent dans des voies dites réservées aux hommes. Celles qui sont à la tête d'entreprises. Celles qui dirigent les pays. Celles qui gèrent leur foyer de main de maître et assument leur vie. Celles qui participent à l'évolution des sociétes. Celles qui osent oser. Ode à la femme...à toutes les femmes.
Conduire, un délit pour les femmes dans certains pays.
Les soldates vietnamiennes
Campagne de reboisement de feu Wangari Maathai
Le printemps arabe c'est aussi le cri de coeur des femmes, au péril de leur vie, au
nom de la liberté.

On ne naît pas femme, on le devient...Simone Veil


2 commentaires:

  1. Merci pour ce saisissant (et mérité) hommage ! Dur d'être une femme dans une société dominée par le Mâle incarné...

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  2. Merci pour ce saisissant (et mérité) hommage ! Dur d'être une femme dans une société dominée par le Mâle incarné...

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